Difficile de faire l’impasse sur la fête de dimanche dernier dont nous vous contions les préparatifs. Ce fut très chouette ! On savait déjà que nos voisins étaient équipés pour festoyer jusqu’à pas d’heure… ils ont été mille fois pardonnés de leurs surboums nocturnes en nous laissant joyeusement les clés de leurs accueillants bureaux, avec la meilleure déco qu’on puisse imaginer pour une bande de 10 ans : une borne d’arcade.

Nous sommes fiers de Poppy, qui s’est bouché parfois les oreilles, mais avec le sourire ! Après avoir parcouru le quartier main dans la main avec ses amis et soufflé ses bougies, elle a trôné au milieu de la fête telle une déesse de l’Olympe à laquelle on apportait des présents fabuleux à déballer de sa blanche main, ou une reine de la ruche, un peu détachée mais visiblement heureuse de l’agitation de ses abeilles bourdonnantes.
Mais j’arrête là le descriptif détaillé sinon on y sera encore demain et c’est Poppy qui vous fera son compte-rendu ci-dessous.
De notre côté, nous avons pu profiter de nos amis, venus à la rescousse pour encadrer le jeu de piste et gérer le goûter avec brio, forts d’une expérience en rassemblements d’enfants et autres extractions d’otages, qui dépassait largement la nôtre. Entre eux et les 3 merveilleuses fées de moins de 20 ans qui ont nimbé Poppy de leur protection bienveillante, nous avons réalisé notre chance, à tous les trois, d’être si bien entourés.
Cela m’amène à la réflexion du jour à propos de la sensibilisation et de cette newsletter.
Si vous suivez Poppy SilverSpoons depuis le début, vous savez déjà que le fait de rendre la vie de Poppy en partie publique n’est pas une évidence pour nous et nous inquiète bien souvent. Nous le faisions au départ pour donner une dimension humaine et authentique à un propos scientifique, potentiellement rébarbatif, et pour participer à une tendance qui nous réjouit, la désinvisibilisation des personnes handicapées dans le paysage.
Après avoir été un brin déçus de ne pas observer une vague de milliers d’abonnements déferler sur le blog, nous avons découvert le vrai bénéfice de notre démarche là où nous ne l’attendions pas : dans notre cercle intime.
Depuis l’arrivée de Poppy, nous nous étions un peu refermés sur nous-mêmes, gardant férocement notre noyau familial, montrant les dents ou les griffes au moindre signe d’incompréhension, sur la défensive face aux maladresses. Il n’était peut-être pas simple pour les gens, même nos proches, de percer cette carapace, de proposer leur aide ou leur soutien, simplement d’être curieux de la réalité de notre situation. Poppy était difficile d’accès pour qui ne connaît pas l’autisme, et nous vent-debout ne laissions guère d’opportunités.
Poppy SilverSpoons a fait exploser cela. Des amis, des membres de la famille, nous lisent, en profondeur ou en pointillés, une fois par semaine ou par mois, à leur rythme. Ils nous lisent et ils lisent Poppy. A travers cette newsletter, ils la connaissent mieux et se forment sur l’autisme. Quand ils la voient, ils sont plus à l’aise, préparés, et ils ont des dessins, des histoires, de la matière pour s’adresser à elle, et à nous. Les retours sont enthousiastes, certains attendent même le dimanche matin 7h religieusement pour l’épisode du feuilleton de nos vies. Plus encore, nous nous sentons beaucoup plus libres de la confier à des gens dont nous savons qu’ils savent, en quelque sorte. C’est une bouffée d’oxygène inattendue et bienvenue.
Alors à vous tous, chers lecteurs, merci.
Anne et Alexis (Dad)


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