Aujourd’hui en France, un enfant sur 6 a un trouble du neuro-développement (1 à 2% un TSA, 8% un trouble dys, 6% un TDAH, 1% un trouble du développement intellectuel)*. C’est beaucoup et de nombreux parents cherchent les signes précoces, s’inquiètent d’un retard pour s’asseoir, d’une tête un beu ballante, de bras qui s’agitent, crises de colère, problèmes de sommeil, ou regard dans la lune. Faisons donc le point sur tout ça.
L’autisme est en général diagnostiqué tard pour des raisons de formation et/ou de disponibilité des professionnels, mais est théoriquement diagnosticable entre 18 et 36 mois. Cela ne veut pas dire qu’un enfant régresse d’un seul coup ou se transforme un beau matin vers ses 20 mois (voir régression autistique). Il y a des signes précurseurs qui méritent d’être examinés. On a même mis au point une méthode de repérage fiable dès 6 mois : l’eye-tracking.
Comme nous, la plupart des parents, une fois le diagnostic posé, se repassent les vidéos et pensent à plein de petites choses qui auraient pu les alerter si leur pédiatre y avait été attentif ou simplement s’ils avaient eu un grand frère ou une grande soeur avec lequel comparer leur bébé. Poppy avait un intérêt intense pour les livres dès ses 9 mois environ (voir l’article sur son hyperlexie), elle avait une hypersensibilité alimentaire et refusait toute texture non lisse, elle était très facilement perturbée par l’environnement, bruit, présence d’étrangers, et par les imprévus. Elle a marché assez tard (18 mois), parlé vers 2 ans, lu tôt (2,5 ans), pouvait rester des heures concentrée sur des livres, et ne jouait pas tellement avec d’autres jouets. Peut-être que si elle avait été à la crèche ou à la garderie, nous aurions compris plus vite son décalage, car il s’agissait de décalage plus que de retard.
Comme pour de nombreux parents, des professionnels ont voulu nous rassurer « chaque enfant grandit à son rythme », n’ont pas su interpréter les signes, comme son médecin généraliste, qui, la voyant prendre mon doigt pour pointer une image, a souri et coché « pointe » sur son carnet de santé. Ou comme cette psychiatre qui a balayé notre inquiétude et nous a affirmé que Poppy n’avait rien de rien… Mais c’était il y a 8 ans déjà, et depuis j’ose espérer que les professionnels sont de mieux en mieux formés et sensibilisés. Les parents aussi, les parents surtout.
Je ne vais pas vous lister ici tous les signes en fonction des âges, simplement vous dire qu’aucun ne suffit seul à affirmer qu’un enfant est autiste, c’est plutôt un tableau d’ensemble. Je vous mets le lien officiel vers la Nouvelle version du « Guide de repérage des signes inhabituels de développement chez les enfants de moins de 7 ans ». Il vient de sortir, est fait pour les médecins généralistes et TOUS les professionnels de la petite enfance devraient l’avoir lu attentivement, mais je fais plus confiance aux parents. Si votre médecin ou doctoresse ne le connaît pas, faites une bonne action: imprimez-le pour lui ou elle !
Deux remarques cependant :
- Faites confiance à votre instinct. Tous les médecins devraient être formé·e·s à NE JAMAIS mépriser l’inquiétude des parents et à considérer le témoignage de leurs observations.
- Ne vous inquiétez pas outre-mesure d’un possible retard de diagnostic. Le diagnostic ne changera rien. Votre enfant sera le ou la même. Essayez donc de mettre en place un environnement sur-mesure rassurant et de l’aider maintenant là où vous sentez qu’il ou elle a des difficultés. Et quand le diagnostic sera posé, ne paniquez pas et gardez confiance dans votre jugement et votre amour. L’injonction à l’action n’est pas toujours une bonne chose, comme nous avons tenté de l’expliquer dans cet article.
Si vous avez envie de parler de votre enfant entre parents, n’hésitez pas non plus à me contacter directement. Je serais ravie de vous aider si je peux.
*Ces chiffres sont ceux de la nouvelle stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement : autisme, Dys, TDAH, TDI.


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