Tel Hercule multipliant les chantiers, après avoir mis fin aux différents conflits qui désolaient les unes internationales, échafaudé des eldorados immobiliers en Palestine, assaini l’appareil de l’Etat, coupé l’hémorragie dispendieuse des aides humanitaires et les budgets de recherches, dénoncé le terrorisme woke, censuré les trublions ne prêchant pas sa parole, non content de remettre à leur place les pauvres, les femmes, les immigrés, les autres, notre héros international Donald Trump, dans un des discours surréalistes dont il a le secret, est entré en guerre au nom des familles détruites par le venin de l’autisme, contre un nouvel ennemi… le Doliprane, fustigeant au passage la vaccination cruelle de milliers de bébés innocents, et vivent les amish qui ne connaissent ni autisme ni rougeole et dont les femmes savent si bien serrer les dents (et fermer leur gueule) en toutes circonstances. Gageons qu’il sera le premier à cumuler le Nobel de Médecine et celui de la Paix. Amen.
Mais laissons le Grand Guignol de côté pour revenir sur le scoop éventé qui nous intéresse ici : l’autisme serait du à la prise de Doliprane par les futures mamans en début de grossesse.
Il est vrai que quelques études ont trouvé une corrélation entre les deux, et d’autres non. Au plus cela nous dit que les 2 sont liés, pas que l’un est la cause de l’autre. Par exemple, on ne prend pas du paracétamol pour rien, mais parce qu’on a des douleurs, ou de la fièvre. On sait que différentes pathologies durant la grossesse constituent un facteur de risque pour le bébé, on peut imaginer que le point important n’est pas la prise de Doliprane mais l’inflammation qui en est à l’origine et contre laquelle il faut lutter, car la souffrance de la mère, quelle qu’elle soit, a de façon certaine des répercussions délétères sur son enfant. Dans le doute on pourrait appliquer un principe de prudence mais jusqu’ici, le paracétamol est la seule prescription conseillée pour une femme enceinte en cas de douleurs ou de fièvre… Laissons donc plutôt les chercheurs sérieux approfondir ou pas la question selon les priorités de recherche. On rappelle qu’on sait aujourd’hui que l’origine de l’autisme est essentiellement génétique, même s’il serait plus confortable de trouver un bouc émissaire.
Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire cet article du Monde et si vous êtes scientifique et anglophone, celui du Transmitter. Au moins l’annonce aura-t-elle eu le mérite de mettre sur le devant de la scène médiatique des experts du sujet et donc de sensibiliser le public par le meilleur et par le pire.
Personnellement j’avoue avoir frémi au souvenir de mes rages de dents du premier trimestre de grossesse et des doses de Doliprane ingérées alors… attendez ! Frémi ? … pourquoi ?
Anne


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