US Polémique

Je n’aime pas hurler avec les loups. J’essaie, autant que possible, de penser à contre-courant. Alors, quand Robert Kennedy Jr., nouveau ministre de la Santé américain, a annoncé le lancement d’une « étude flash » pour trouver la cause de l’autisme, dans un contexte d’augmentation spectaculaire des diagnostics d’autisme (de 1 enfant sur 150 en 2002 à 1 sur 31 en 2022, soit une multiplication par 5 en 20 ans), j’ai tenté de ne pas me contenter d’un réflexe moqueur.

La promesse de trouver les causes en moins d’un an est bien sûr plus qu’ambitieuse, presque méprisante pour les travaux nombreux de scientifiques remarquables au cours des décennies passées.

D’autant que l’espoir à peine voilé de Kennedy est de démontrer le rôle de l’environnement, et en particulier des vaccins, dont il est un des grands contempteurs. Tant pis si la fake news du lien causal entre vaccins et autisme a été démentie par nombre d’études épidémiologiques. Tant pis aussi si l’observation de diagnostics concomitants chez les vrais et faux jumeaux démontre que les causes sont largement (80% / 90% ?) héréditaires.

Mais alors, si l’environnement n’en est pas la cause, qu’est-ce qui explique cette augmentation rapide des diagnostics ?

Il est intéressant de noter que, contrairement à ce que je croyais, elle n’est pas uniquement portée par l’entrée dans le diagnostic de personnes considérées précédemment comme seulement un peu bizarres et par l’élargissement des critères. Elle est aussi observée pour des gens qui ont besoin de beaucoup d’assistance (que certain appellent sévères, ou lourds, ce qui n’est pas une façon très sympa de parler de quelqu’un qui a besoin d’aide…).

Une explication pourrait être que des personnes diagnostiquées par le passé comme déficientes mentales se contentaient de ce diagnostic, alors qu’aujourd’hui, un certain nombre d’entre elles obtiennent des diagnostics sur d’autres conditions associées à leur déficit mental. Ainsi, les nouveaux diagnostics d’autisme pour des personnes à hauts besoins d’assistance ne représenteraient pas des nouvelles personnes autistes mais des personnes dont l’autisme n’aurait pas été diagnostiqué par le passé car masqué par une autre conditions plus immédiatement visible.

Dans le même esprit, jusqu’en 2013, un diagnostic de TDAH excluait celui de TSA alors qu’aujourd’hui, on considère que plus de la moitié des enfants autistes présentent également un TDAH…

Bref, après tout ça, je n’ai plus aucun scrupule à dire ce que je pense : cette équipe Trump, une fois de plus, se couvre de ridicule.

Alexis / Dad


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