Il y a presque un an je vous expliquai ce qu’est une ESS, réunion annuelle de l’équipe pédagogique pour imaginer au mieux la scolarité des enfants handicapés. Cliquez ici pour en savoir plus.
Juste avant les vacances de Noël avait lieu l’ESS 2024 de Poppy, la plus importante puisqu’il s’agissait d’y exprimer notre souhait d’orientation pour l’année prochaine et l’entrée au collège, et de remplir le fameux dossier Gevasco pour demander à la MDPH la notification correspondante.
Notre cas est simple sur le papier :
– Tous les professionnels autour de Poppy sont du même avis que ses parents : la meilleure solution est un dispositif ULIS collège autisme. Les ULIS ont été pensés pour des enfants comme elle : ils permettent de l’inclusion en classe ordinaire et un repli pour se réguler ou pour étudier des matières qui posent problème avec un enseignant spécialisé. Ils offrent une grande flexibilité. On peut s’ajuster à l’enfant au quotidien, selon son état de stress ou ses difficultés. C’est du sur-mesure.
– Tout le monde est d’accord aussi : pour que cela fonctionne il faut que Poppy soit accompagnée en permanence par une AESH individuelle qui la connaisse bien et sache interpréter ses réactions, contourner les obstacles, identifier les blocages…
Le dossier est envoyé, il est en béton armé, il explique que Poppy profite déjà de ces aménagements qui lui ont permis d’évoluer très positivement ces dernières années. Il s’agit donc pour la MDPH de renouveler la notification existante, et pour le rectorat ensuite de nous donner l’affectation dans le collège demandé.
Poppy a le niveau académique pour suivre au collège et il existe un dispositif correspondant à moins de 30 minutes de chez nous. On sait que 2 places s’y libèrent à la rentrée prochaine. De plus nous avons rencontré une aesh qui est parfaite et enthousiaste à l’idée d’accompagner Poppy.
SAUF QUE…
Nous n’aurons pas la notification de la MDPH avant des mois. C’est le temps qu’il faut pour traiter le dossier.
Sans cette notification, nous ne pouvons entamer des démarches auprès du rectorat pour l’affectation qui aura donc lieu en juin ou juillet.
Qu’est-ce qui peut mal tourner ?
- On nous a alertés sur la difficulté d’obtenir une AESH individuelle en ULIS collège. Que faire si on nous la refuse ? Même une aesh privée ne peut rentrer dans l’établissement sans la fameuse notification.
- Si nous n’avons pas une place dans le collège espéré, le rectorat nous enverra ailleurs. Or les autres dispositifs sont beaucoup trop éloignés pour être sérieusement envisagés (fatigabilité de Poppy et invalidité de maman).
Il nous faut donc un plan B, peut-être aussi des plans C et D. Nous allons probablement chercher un dispositif ULIS qui ne soit pas spécifique à l’autisme mais plus proche, ou bien un collège ordinaire privé qui soit prêt à mettre en place des aménagements spécifiques pour une élève très particulière. On va passer beaucoup de temps et d’énergie à organiser quelque chose en espérant qu’on annulera ensuite.
Et puis… comment préparer Poppy a son entrée en 6e si on ne sait pas à quoi on doit la préparer ? Et Dieu sait qu’elle a besoin de préparation !
« Maman j’ai peur qu’au collège un des professeurs ne soit pas gentil … si je suis la seule à avoir une queue de cheval ? Si je suis la seule à être blonde ? Et si la salle sent mauvais ? Et si je ne trouve pas les toilettes ? Si le menu de la cantine me déplaît ? Si on se moque de moi ? » Je soupçonne toutes ces questions d’être librement adaptées d’un livre sur l’entrée en maternelle, mais l’inquiétude qu’elles traduisent n’en est pas moins authentique.
Janvier nous trouve donc particulièrement stressés. Mais nous avons beaucoup de chance : on a la personne idéale pour accompagner Poppy qui est en bonne santé, on a aussi les moyens financiers d’organiser des alternatives. Tout va bien se passer. Je pense à tous ceux pour lesquels ce n’est pas aussi simple…
A eux, et à vous tous, chers lecteurs, je souhaite le meilleur en 2025 : Bonne Année !!!


Laisser un commentaire