AESH est un acronyme que vous avez souvent vu par ici dont voici la version longue : Accompagnante d’Elèves en Situation de Handicap, anciennement AVS (Assistante de Vie Scolaire). Une AESH – ce sont le plus souvent des femmes – est notifiée par la MDPH pour permettre la scolarisation en milieu ordinaire d’un enfant handicapé. Elle est salariée par le rectorat qui l’affecte à un enfant (aesh individuelle) ou un établissement dans lequel elle en aidera plusieurs (aesh mutualisée). Les missions sont multiples et dépendent des besoins de chaque enfant. Cela va de l’aide physique pour se déplacer par exemple à la reformulation de consignes des enseignants en passant par la prise de notes, l’ouverture du cartable, l’aide à la cantine, la régulation des émotions etc.

Poppy a eu besoin d’une AESH dès la première année de maternelle. Ou plutôt c’est l’école qui a eu besoin d’une personne dédiée totalement à elle, pour éviter qu’elle perturbe trop la classe, qu’elle s’échappe dans les couloirs et qu’on la retrouve en train de chiper du pain à la cantine ou installée dans le coin bibliothèque d’une salle vide… Par la suite il a fallu faire entrer Poppy dans son rôle d’élève, la rappeler à l’ordre, l’aider à manipuler, et toujours l’accompagner, dans les escaliers, jusqu’aux toilettes, lors des sorties scolaires.

Nous avons eu une chance folle : les AESH qui ont croisé le chemin de Poppy étaient toutes fabuleuses… douces, rassurantes, cadrantes, bienveillantes, imaginatives, curieuses et consciencieuses, elles ont permis à Poppy de supporter le vacarme de la cour de récréation, de suivre le programme scolaire, de participer en classe, de naviguer au milieu des autres enfants et même de se faire des copains à inviter à son anniversaire ! J’étais plutôt ravie qu’elles ne soient pas formées à des méthodes de prise en charge de l’autisme que nous réprouvons. Elles étaient gentilles, intelligentes, compréhensives et dévouées à notre cause.

Le collège approche. Tout va changer pour Poppy. Il nous a semblé que si son AESH restait la même ce serait son phare et ça lui permettrait de s’adapter aux autres bouleversements. Je me suis donc renseignée pour avoir une AESH privée.

J’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations claires et je vais donc vous résumer ici ce que j’ai compris, en espérant que cela fera gagner du temps aux parents qui me liront.

Les AESH publiques ont un contrat de travail avec le rectorat qui les rémunère environ 1000€ nets par mois pour 24 heures par semaine pendant le temps scolaire. Elles sont regroupées dans des Pôles locaux qui les dispachent auprès d’un ou plusieurs établissements pour y accompagner un ou plusieurs enfants en fonction des heures d’accompagnement notifiées par la MDPH. Elles sont recrutées (avec difficultés), et parfois formées, par le rectorat. Elles agissent sous la houlette des enseignants et ne sont pas (officiellement) en contact avec les parents.

Les AESH privées ont un contrat de travail avec les parents d’un enfant handicapé. Elles sont souvent formées, en psychologie ou à des méthodes d’intervention particulières. Elles gagnent entre 1500 et 2000€ par mois. Elles suivent l’enfant dans son établissement et doivent travailler de concert avec les équipes pédagogiques, sous la houlette des enseignants et rendent aussi des comptes aux parents. Les parents peuvent demander à la mdph une allocation qui compense (en petite partie) les frais engagés.

Face au nombre croissant d’enfants ayant besoin d’une aesh et à des difficultés pour les recruter, leur statut comme leur rémunération étant peu attractifs, un nouveau statut hybride a vu le jour.

Les AESH semi-privées sont recrutées par les parents, puis salariées par le rectorat qui les flèche sur l’enfant. Elles gagnent une base que leur paye le rectorat (1000€ ou parfois moins : le rectorat paye les heures notifiées à l’enfant par la mdph). Les parents ajoutent à cette rémunération des heures plus ou moins réelles déclarées en CESU à un tarif horaire négocié avec l’aesh pour arriver parfois jusqu’à doubler son salaire de base.

C’est cette dernière solution que nous allons essayer de mettre en place pour le collège… quand on aura, si on l’a, la fameuse notification !

Afin d’éviter les abus, AESH privées et semi-privées doivent signer avec les parents une convention sous la supervision d’associations conventionnées par l’Etat qui assurent la supervision, le suivi psychologique et parfois la formation des AESH.

On comprend à quel point ce système est bancal, les moyens financiers des parents n’étant pas proportionnels à l’aide dont leur enfant a besoin. Une fois de plus nous sommes du bon côté de la barrière et mesurons notre privilège.

Anne (SilverSpoons)


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