Une nouvelle année scolaire commence pour Poppy qui a posé son cartable en CM2, ça ne rigole pas du tout ! Rythme soutenu, devoirs à la maison, leçons à apprendre, groupe WhatsApp de parents déchaînés, nous voilà presque dans une normalité rassurante.
Cependant, il faut penser vite vite à organiser la réunion ESS (je vous ai expliqué dans cet article) pour espérer avoir un passage rapide en commission et une notification de la MDPH au printemps qui nous permettra d’appréhender la suite de la scolarité de Poppy : le collège.
La problématique est la suivante pour nous : Poppy a un niveau académique qui lui permet de suivre en classe avec les enfants neurotypiques de son âge. 2 solutions sont envisagées :
- inscrire Poppy dans un collège classique, en classe ordinaire à temps plein, accompagnée d’une AESH individuelle, publique ou privée, qui sera son ombre et sa béquille.
- rejoindre, dans un collège ordinaire qui le propose, un dispositif ULIS collège/Autisme. Poppy y sera supervisée par une enseignante spécialisée, avec une AESH qui l’accompagnera en inclusion dans la classe de 6è chaque fois que ce sera possible. Le reste du temps, avec l’aesh ou l’enseignante, elle travaillerait en 1:1 pour rattraper son éventuel retard, surmonter les difficultés dans certaines de ses matières détestées.
Nous avons été confrontés au même choix en fin de maternelle et notre décision de mettre Poppy en ULIS école a choqué certaines personnes. Il existe malheureusement une hiérarchie inconsciente des options qui pousse les parents à tenter la solution la plus proche de la norme, en espérant que l’enfant « tiendra » et qu’ainsi il ne sera pas étiqueté et pourra rejoindre le cursus normal.
Nous ne souhaitions pas que Poppy « tienne » en classe ordinaire. Nous voulions qu’elle s’y sente bien, quitte à n’y aller qu’à temps partiel. Depuis le départ nous nous sommes donc appliqués à prendre en compte ses particularités, à respecter son rythme d’acquisition des compétences et sa fatigabilité, probablement liée à une surcharge sensorielle quotidienne (voir l’article sur les spécificités sensorielles).
Rétrospectivement, nous sommes heureux de ce choix qui a permis à Poppy d’avoir une scolarité sur mesure. La première année, l’enseignante de l’ULIS l’a doucement apprivoisée et elle était très protégée. En CE1 elle a commencé à aller quelques heures par-ci par-là en classe ordinaire, en CE2 elle y allait quotidiennement une heure, en CM1 elle ne passait plus que 2 demi-journées en ULIS et cette année de CM2 elle est presque à temps plein en classe ordinaire. Ainsi, nous sommes arrivés à une inclusion complète par étapes.
On pourrait dès lors penser qu’elle peut entrer en 6è ordinaire, avec l’aide d’une AESH. Cependant, il faut tenir compte du bouleversement que représente l’arrivée au collège, à la fois dans l’aspect social et dans l’organisation des journées, avec des changements de salle, de professeur, des allées et venues dans les couloirs, un cadre inconnu etc. La nouveauté déstabilise Poppy, la stresse. On peut donc raisonnablement penser que ce sera difficile pour elle et anticiper une version plus douce, qui consiste à rejoindre un collège avec un dispositif ULIS qui lui offrira un environnement de repli rassurant en cas de besoin. Evidemment, tout ceci dépendra beaucoup de l’existence d’un tel dispositif près de chez nous et des places qui s’y libèreront en septembre prochain. Il faut donc imaginer différentes options.
A l’époque de la sortie de maternelle, notre boussole était l’état de Poppy et notre instinct de parents loups. Mais aujourd’hui entre en ligne de compte un autre facteur non négligeable : l’opinion de la principale intéressée. Or, il semble que Poppy soit bien décidée à être avec ses camarades neurotypiques et elle en est même arrivée à considérer l’ULIS comme une punition ou en tous cas un endroit déplaisant.
Voilà où nous en sommes. Il est intéressant de noter que même si nous n’avons jamais montré notre désir de voir Poppy devenir plus « normale » (pour la bonne raison que nous la trouvons fabuleuse telle qu’elle est), elle exprime une envie de s’intégrer au groupe des élèves ordinaires. Nous allons évidemment essayer de lui donner les outils pour y parvenir, trouver un groupe d’habiletés sociales par exemple et travailler avec elle ces compétences… Cependant, il est important (pour moi) qu’elle n’oublie pas au passage ses amis autistes et qu’elle sache que si elle vit parfois l’autisme comme un empêchement, il est aussi à l’origine de ses passions et de la joie qui en découle.
Anne


Laisser un commentaire