Poppy SilverSpoons #42

Bienvenue dans notre newsletter sur l’autisme et la vie, au contenu scientifiquement (ou pas) approuvé par moi-même.

Je suis Anne, maman neuro-atypique de Poppy, autiste hyperlexique de 10 ans, lectrice à pas d’heure et voyageuse à ses conditions.

Si vous souhaitez en savoir plus sur nous, lire ou écouter les précédents numéros parus, rendez-vous sur le blog Poppy SilverSpoons.

Sans plus attendre, en rubriques et illustrées, nos pensées du mois :

VIVE L’ÉCOLE !

Une nouvelle année scolaire commence pour Poppy qui a posé son cartable en CM2, ça ne rigole pas du tout ! Rythme soutenu, devoirs à la maison, leçons à apprendre, groupe WhatsApp de parents déchaînés, nous voilà presque dans une normalité rassurante.

Cependant, il faut penser vite vite à organiser la réunion ESS (je vous ai expliqué dans cet article) pour espérer avoir un passage rapide en commission et une notification de la MDPH au printemps qui nous permettra d’appréhender la suite de la scolarité de Poppy : le collège.

La problématique est la suivante pour nous : Poppy a un niveau académique qui lui permet de suivre en classe avec les enfants neurotypiques de son âge. 2 solutions sont envisagées :

  • inscrire Poppy dans un collège classique, en classe ordinaire à temps plein, accompagnée d’une AESH individuelle, publique ou privée, qui sera son ombre et sa béquille.
  • rejoindre, dans un collège ordinaire qui le propose, un dispositif ULIS collège/Autisme. Poppy y sera supervisée par une enseignante spécialisée, avec une AESH qui l’accompagnera en inclusion dans la classe de 6è chaque fois que ce sera possible. Le reste du temps, avec l’aesh ou l’enseignante, elle travaillerait en 1:1 pour rattraper son éventuel retard, surmonter les difficultés dans certaines de ses matières détestées.

Nous avons été confrontés au même choix en fin de maternelle et notre décision de mettre Poppy en ULIS école a choqué certaines personnes. Il existe malheureusement une hiérarchie inconsciente des options qui pousse les parents à tenter la solution la plus proche de la norme, en espérant que l’enfant « tiendra » et qu’ainsi il ne sera pas étiqueté et pourra rejoindre le cursus normal.

Nous ne souhaitions pas que Poppy « tienne » en classe ordinaire. Nous voulions qu’elle s’y sente bien, quitte à n’y aller qu’à temps partiel. Depuis le départ nous nous sommes donc appliqués à prendre en compte ses particularités, à respecter son rythme d’acquisition des compétences et sa fatigabilité, probablement liée à une surcharge sensorielle quotidienne (voir l’article sur les spécificités sensorielles).

Rétrospectivement, nous sommes heureux de ce choix qui a permis à Poppy d’avoir une scolarité sur mesure. La première année, l’enseignante de l’ULIS l’a doucement apprivoisée et elle était très protégée. En CE1 elle a commencé à aller quelques heures par-ci par-là en classe ordinaire, en CE2 elle y allait quotidiennement une heure, en CM1 elle ne passait plus que 2 demi-journées en ULIS et cette année de CM2 elle est presque à temps plein en classe ordinaire. Ainsi, nous sommes arrivés à une inclusion complète par étapes.

On pourrait dès lors penser qu’elle peut entrer en 6è ordinaire, avec l’aide d’une AESH. Cependant, il faut tenir compte du bouleversement que représente l’arrivée au collège, à la fois dans l’aspect social et dans l’organisation des journées, avec des changements de salle, de professeur, des allées et venues dans les couloirs, un cadre inconnu etc. La nouveauté déstabilise Poppy, la stresse. On peut donc raisonnablement penser que ce sera difficile pour elle et anticiper une version plus douce, qui consiste à rejoindre un collège avec un dispositif ULIS qui lui offrira un environnement de repli rassurant en cas de besoin. Evidemment, tout ceci dépendra beaucoup de l’existence d’un tel dispositif près de chez nous et des places qui s’y libèreront en septembre prochain. Il faut donc imaginer différentes options.

A l’époque de la sortie de maternelle, notre boussole était l’état de Poppy et notre instinct de parents loups. Mais aujourd’hui entre en ligne de compte un autre facteur non négligeable : l’opinion de la principale intéressée. Or, il semble que Poppy soit bien décidée à être avec ses camarades neurotypiques et elle en est même arrivée à considérer l’ULIS comme une punition ou en tous cas un endroit déplaisant.

Voilà où nous en sommes. Il est intéressant de noter que même si nous n’avons jamais montré notre désir de voir Poppy devenir plus « normale » (pour la bonne raison que nous la trouvons fabuleuse telle qu’elle est), elle exprime une envie de s’intégrer au groupe des élèves ordinaires. Nous allons évidemment essayer de lui donner les outils pour y parvenir, trouver un groupe d’habiletés sociales par exemple et travailler avec elle ces compétences… Cependant, il est important (pour moi) qu’elle n’oublie pas au passage ses amis autistes et qu’elle sache que si elle vit parfois l’autisme comme un empêchement, il est aussi à l’origine de ses passions et de la joie qui en découle.

Anne

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LE MOT DE MAËLLE

Bonjour à toutes et à tous les lecteur·rices de la newsletter Poppy SilverSpoons !

Étudiante en sciences politiques de 22 ans, j’ai eu la chance de grandir avec une marraine fée du nom de Anne, que vous connaissez bien, puisqu’elle est l’autrice de cette newsletter. Vous m’avez peut-être déjà aperçue dans de précédents numéros, lors de passages à Paris ou dans le Poitou. Je connais Poppy depuis sa naissance, mais nous n’avions jamais eu l’occasion de passer un moment seules toutes les deux.

Nous avons remédié à cela la semaine dernière en nous rendant au musée Pompidou, dans la galerie pour enfants, mais aussi principalement dans la librairie du musée. Je suis toujours aussi impressionnée par sa perspicacité ; elle m’a notamment fait remarquer que les panneaux « interdit aux chiens » autour de la Fontaine des Innocents devraient plutôt signifier « interdit aux rhinocéros », étant donnée la similitude du pictogramme avec cet animal à cornes.

Si j’apparais dans cette newsletter, c’est aussi parce que je commence un stage de trois mois auprès d’Anne et de ses associés. Ce stage est dédié à la sensibilisation à l’autisme, notamment au travers d’un projet en cours, dont vous entendrez sûrement parler plus en détail prochainement !

Je souhaite aller à la rencontre de personnes autistes durant ces prochains mois, afin de découvrir et de faire découvrir leur(s) façon(s) de vivre le monde, et ainsi en apprendre davantage sur la neurodiversité. Je suis aussi actuellement en pleine lecture de plusieurs ouvrages sur l’autisme, prêtés par Anne, dont je ferai peut-être la revue ici, dans de prochains numéros.

Je vous dis donc à bientôt !

Maëlle

2008 (?):

2016 :

2022 :

à suivre…

SEPTEMBRE AVEC POPPY (récit tapé par Poppy seule)

En septembre, j’ai fait ma rentrée. J’ai bondi et j’ai ednadé (câliné Edna). Edna est une lapine blanche avec des fleurs dans les oreilles et elle est maintenant devenue célèbre grâce à ses fleurs dans les oreilles et ses bonds avec Kiff, Lola et Tigrou dans la Forêt des Rêves Bleus ! Youhouhouhou, ouakekoukou !

En septembre, Marta est venue nous faire un petit coucou à Paris. Elle m’a apporté une Edwina qui vient de sa boutique.

J’ai reçu un nouveau slime de chez Claire’s. Il sent bon et il s’étiiiiiiiire.

Jade est venue goûter pour manger mes bonnes crêpes et regarder mes dessins.

Je me suis mise des autocollants Bluey partout sur la figure !

Je suis devant la flamme olympique, aux Tuileries.

J’ai aussi fait un petit tour de manège dans une voiture Gummer n°19.

Et aussi du trampoline, youhouhou, comme Tigrou !

Je suis devant le restaurant du Paradis.

Je fais le dentiste avec une statue d’hippopotame au zoo.

Je suis allée à Chantelivre. Moi et Barzok, petite peluche de teckel, lisons un p’tit loup dans un fauteuil en forme de trou.

Je suis à la librairie de Beaubourg et je lis  » Les petits philiscopes ».

Je fais des marionnettes dans la tête théâtre.

Je vous présente le Michat-Michien,animal qui a d’un côté une tête de chat et de l’autre une tête de chien !

J’en ai même un en doudou ! Moi et Maman, on l’a fabriqué dans une vieille couverture. Il est mignon, non ?

That’s all, Folks ! Alice arrive, on part à la Petite Égypte !

Poppy

Les précédentes aventures de Poppy en cliquant ici

Connaissez-vous les MOOC ? « Massive Open Online Course », ce sont des cours, de niveau universitaire, qu’on peut suivre en ligne, souvent gratuitement. C’est magique ! Les meilleures universités du monde proposent ainsi de nombreuses formations, dispensées par des professeurs aguerris et accessibles à tous. Les cours sont censés durer quelques semaines, mais tout le contenu et les évaluations sont disponibles et vous avancez à votre rythme.

En français et sur le thème de l’autisme, j’ai suivi 2 MOOC de la Faculté de médecine de Genève sur la plateforme COURSERA. Ces cours datent de 2019. Ils sont très bien faits, avec des vidéos d’enfants autistes, des témoignages de parents, et de nombreux professionnels qui partagent leurs connaissances.

Voici les liens si cela vous intéresse : « Troubles du spectre de l’autisme : diagnostic » et « Troubles du spectre de l’autisme : interventions » (je n’étais pas toujours en accord avec les préceptes de ce second cours mais il m’a semblé important avant de m’opposer à certaines prises en charge comme ABA d’en connaître les fondements et la pratique…)

Comme vous le savez, l’autisme est un domaine encore mal connu et qui ne cesse d’évoluer, dans la définition des critères diagnostiques comme dans les pistes de recherche sur les causes, les tentatives d’explication du fonctionnement des autistes et les recommandations d’accompagnement…

Un nouveau MOOC vient d’être mis en ligne sur FUNMOOC. Il est plus léger que les deux précédents, mais très complet et avec des pistes « pour aller plus loin » dans chaque chapitre.

Lien cliquable : AUTISPOC : Socle commun de connaissances sur les Troubles du Spectre de l’Autisme

C’est gratuit. Il suffit de créer un compte avec votre adresse mail pour accéder au contenu et garder en mémoire votre progression. Il vous demandera environ 15 heures de travail. A la fin, vous en saurez plus sur l’autisme que la plupart des professionnels que nous avons rencontrés.

Voilà de quoi vous occuper pendant les vacances d’automne ! Mais si vous préférez attendre, Maëlle est inscrite et va le faire dans les semaines qui viennent, en novice du sujet de l’autisme. Son retour d’expérience sera donc plus intéressant que le mien.

Anne

Plus de contenu scientifique sur l’autisme

LE MOT DE DAD – « C’EST TEMPORAIRE »

Mon ami Julien, père de deux jeunes filles dont l’une est à peine plus agée que Poppy, m’a un jour donné un conseil qui est à la fois totalement crétin (d’ailleurs ce n’est pas un conseil) et la chose la plus utile qu’on m’ait dite pour accompagner ma fragile parentalité.
Alors que je me plaignais – un peu – de difficiles et longues heures nocturnes à marcher en rond, ma fille posée sur mon bras pour l’aider à retrouver le sommeil, il me dit : « Lorsque tu sens que tu perds patience ou courage, dis toi bien que c’est temporaire. ».
C’est ce que je me dis régulièrement depuis et bizarrement, ça m’apaise.
Je raconte ça ici, bien que cela n’ait aucun rapport avec l’autisme (qui, en l’occurrence, n’est pas temporaire) car depuis peu, Poppy dispose d’une nouvelle arme pour se faire obéir : elle pousse un cri strident qui fait trembler toutes les vitres de la maison.
C’est terrible. Mais c’est temporaire (?).

Dad

Plus de pensées dans nos archives

LE DESSIN DE POPPY

C’est un tigre en écharpe et béret devant une mare avec un canard colvert dedans. Derrière lui, un chien glisse sur un toboggan. J’écris « un chien », « un tigre », « un canard » car on ne sait rien de ces animaux.

Poppy

Les précédents dessins commentés de Poppy

AUTISME – LECTURES – LAURENT MOTTRON

Professeur Laurent Mottron. Si vous avez lu les précédents numéros de Poppy SilverSpoons, ce nom ne vous est pas inconnu… c’est celui de mon idole en matière d’autisme. Bien que je considère toutes les raisons de mon adoration parfaitement logiques et rationnelles, je préfère vous prévenir !

Laurent Mottron a fait ses études de médecine en France, mais il est parti rapidement exercer la psychiatrie au Canada, son esprit rationnel s’accommodant mal des théories psychanalytiques incontournables (alors et encore ?) dans le petit monde de la psychiatrie hexagonale. Bien lui en a pris.

Il a travaillé durant plus de 30 ans sur le sujet particulier de l’autisme, mêlant clinique avec les patients (il en a côtoyé des milliers, enfants et adultes) et laboratoire de recherche (son groupe a publié nombre d’articles scientifiques sous sa supervision, parmi lesquels le travail d’Alexia Ostrolenk sur l’hyperlexie dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler). Il est internationalement reconnu comme l’un des plus grands experts dans le domaine et ses publications sont des références incontournables.

2 livres font date :

« L’intervention précoce pour enfants autistes », 2016, dans lequel il s’oppose avec justesse à la fois à la psychanalyse et à l’ABA, position d’équilibriste. Il y fait des propositions aux décideurs politiques et y rédige une lettre à l’intention des parents qui reçoivent un diagnostic pour leur enfant. Je ne peux publier cette lettre sans autorisation, mais dites-moi et je l’enverrai à quiconque me le demandera ici.

« L’autisme, une autre intelligence », 2004. Dans ce livre Laurent Mottron partage notamment ses découvertes sur les compétences cognitives particulières des autistes. Il enjoint la communauté scientifique à considérer l’autisme non comme une somme de symptômes et déficits mais comme une autre façon de réfléchir.

J’ai lu plusieurs fois chacun de ces 2 livres… Dad bien sûr les plébiscite également. Ils sont probablement de toutes nos décisions importantes concernant Poppy.

Hier matin, j’ai découvert un peu par hasard que Laurent Mottron venait de publier un nouvel ouvrage… Cela faisait 7 jours que le livre était paru et je ne l’avais pas encore ! j’étais excitée comme une puce. Le livre réservé dans une librairie du quartier latin, j’ai attendu en trépignant que Dad me le rapporte en rentrant du bureau. Il a acheté pour lui la version numérique et dans notre lit conjugal c’est soudain la fête, comme en décembre 2003 à la sortie d’ »Harry Potter et l’Ordre du Phoenix ».

Je vous en parlerai en détail dans un prochain numéro mais laissez-moi partager avec vous son titre prometteur, son lumineux exergue et sa couverture chatoyante :

Anne

Lien indispensable vers le site de Laurent Mottron

Plus de contenu scientifique sur l’autisme

L’HISTOIRE DE POPPY

Mystère et Boule de poils se tournent vers Bugs Bunny et lui font un gros câlin avant de se laver les pattes. Matroune et Bugs Bunny se lavent les pattes avec la salive du canari en guise de shampooing. Mystère et Boule de poils ont à peine lavé leurs pattes qu’ils entendent Brouhaha les appeler de loin : «  Le repas est bientôt prêt ! » Les deux chiens,Matroune et Bugs Bunny attendent une heure que Brouhaha ait fini de cuisiner sa spécialité : des lasagnes. Brouhaha pose les paquets de pâtes sur la planche. Il ajoute des lardons et des petits légumes avec Matroune, qui elle aussi prépare des petits légumes pour sa spécialité : de la soupe à tout. Le crocodile en légumes avale les petits morceaux de légumes qui sont en vrai des petits animaux. Boing ! Le crocodile engloutit Matroune, qui retombe dans un bus scolaire avec des lapins, des tortues et des jardiniers. Pas sûr que les cigognes soient les « amies » du jardinier. Ils arrivent à l’école de la bonne soupe. Dans cette école, on ne parle que de soupe ! La maîtresse, madame Végétarienne, enseigne le calcul : « Pour faire une bonne soupe,il faut : 🥕+ 🥕🥕= 🥕🥕🥕, 🥒🥒➕🥒🥒🟰🥒🥒🥒🥒 et 🥦🥦🥦➕🥦🥦🟰🥦🥦🥦🥦🥦. » Et pour l’écriture, on recopie des livres de recettes de soupes : « Soupe au cresson pour les polissons ». «Soupe aux carottes pour les rase-mottes ». « Soupe aux courgettes pour les rase-moquettes.» La récré a lieu en plein potager. L’ourson Ludovic est très surpris quand il voit des animaux dans son potager ! Et à la cantine, on mange de la soupe en entrée, du bouillon comme plat principal, une soupe au lait comme produit laitier et un potage comme dessert. Et oh non ! Que fait le monstre ? Il trouve un petit jardinier si écœurant qu’il le recrache et… Matroune sort du monstre et retombe par terre ! Les deux chiens engloutissent les lasagnes et la soupe à tout à toute allure ! Après dîner, ils se racontent tous la journée.  Brouhaha avait oublié sa valise chez Silhouette et Batégaille  car il était trop pressé de retrouver tout ce qui lui avait manqué.

Poppy

Les précédentes histoires de Poppy

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Anne


Discussion

7 réponses à « Poppy SilverSpoons #42 »

  1. Avatar de Marie-Claire Dubochet
    Marie-Claire Dubochet

    Heureuse d’avoir de vos nouvelles!
    Très intéressante newsletter…

    Je vous souhaite une bonne réflexion pour la suite de la scolarité de Poppy. Son avis sur la question me semble important…

    Au plaisir de vous lire bientôt,

    Marie-Claire

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    1. Merci Marie-Claire de nous suivre toujours…

      Merci aussi de nous rappeler ce qui est (le plus) important. J’ai ton commentaire en tête chaque fois qu’on réfléchit au sujet.

      A très bientôt,

      Anne

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  2. Bien reçue la 42!!! 🙂

    P.

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  3. Avatar de triumphtransparent5b8170a0e2
    triumphtransparent5b8170a0e2

    Bonjour, je me permets de témoigner ici en tant qu’enseignante spécialisée de collège et personne ressource éducation inclusive. J’enseigne en collège ordinaire, je n’enseigne pas en ULIS collège. Dans nos classes de sixième actuellement, nous accueillons cinq enfants porteurs de troubles du spectre autistique, presque tous ont une AESH individualisée. Les notifications vont de 12 heures à 24 heures d’accompagnement, selon les besoins des élèves. Le temps d’adaptation au collège est parfois douloureux et pour l’un des élèves, il a pris plus de trois mois. Nous avons longtemps essayé de trouver la façon de rentrer en interaction avec lui et de lui permettre de devenir collégien et il y a un mois dans une de nos classes flexible,  le déclic s’est produit. Nous l’avons changé de place ( un peu par hasard pour être très honnête), et nous lui avons permis d’aller s’asseoir au fond tout seul sur un fauteuil haut et une table haute (genre mange debout) et en matinée, son comportement a radicalement changé.

    Ceci est un exemple, nous aurions pu ne pas lui proposer de changer de place dans la classe. Il avait simplement besoin d’être assis en hauteur pour voir les autres d’un point de vue différent. Pour pouvoir aussi contrôler ce qui se passait autour de lui plus facilement. Ça l’a considérablement rassuré et depuis il est rentré dans les apprentissages et je précise que c’est un excellent élève . Effectivement je comprends votre questionnement, le rythme du collège est difficile, il y a de multiples changements.  Dans notre collège (je ne suis pas du tout en région parisienne,) j’ai nous avons la chance que les enfants changent très peu de salle de classe. Ils ont une salle de classe dévolue par classe et nous travaillons en classe flexible, ce qui leur permet de changer de siège, de pouvoir bouger, de pouvoir être seul, de pouvoir aller s’asseoir sur un tapis, sur une banquette en hauteur d’avoir des balles d’assise, mais c’est loin d’être le cas de tous les collèges. Effectivement, le dispositif ULIS collège permet aux enfants d’avoir une respiration, d’avoir aussi cette chance d’être accompagné par un enseignant spécialisé lorsqu’ils sont de retour sur le dispositif et qu’ils ne sont pas dans leur classe de référence. Et effectivement les enseignants spécialisés de collège ont plus de compétences que les enseignants de collège classique ( même les plus dynamiques et compétents) pour tout ce qui va être remédiation en mathématiques et en français et pour travailler les fonctions exécutives et les compétences psycho sociales) par contre, il y a un bémol,  j’ai rarement vu des élèves venir d’un dispositif collège ULIS intégrer une classe de seconde générale et même si dans les textes rien ne l’empêche, dans la réalité c’est tout autre chose et je sais que ça ne devrait absolument pas être comme ça et que c’est profondément injuste, mais dans les faits, je vois très très peu d’élèves notifiés ULIS collège, arriver en seconde GT et c’est là qu’il va falloir réfléchir. Par rapport à ce que vous écrivez sur votre fille, il y a de fortes probabilité pour qu’elle veuille poursuivre des études générales après la troisième. La question qu’il va falloir vous poser, en étant très pragmatique et en regardant bien tous les collèges et dispositif ULIS collège et lycée généraux de votre environnement, c’est, qu’elle va être le projet pour elle ? quelles sont les lieux et les structures qui seront en capacité de l’accueillir après la troisième si elle veut poursuivre dans une classe ordinaire ? Et c’est ça qui va, aussi, devoir intervenir dans votre choix, même si je comprends que Poppy ayant seulement 10 ans, vous ayez beaucoup de mal à vous projeter sur « que fera-t-elle quand elle en aura 15 ? ». Encore merci pour tout ce que vous publiez, qui est de très très grande qualité et qui m’impressionne beaucoup. Merci infiniment pour ce que vous donnez, j’appréciais énormément vos articles quand je lisais votre blog, il y a plus de 10 ans, évidemment ce ne sont plus du tout les mêmes thématiques, mais vous écrivez toujours aussi bien et on sent que vous allez toujours autant au fond des choses avec cette écriture à la fois profonde et légère. Je vous remercie et je vous souhaite de très belles fêtes de Noël.

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    1. Moi aussi je vous souhaite de merveilleuses fêtes ! Vous n’imaginez pas comme votre commentaire ce matin a illuminé la journée parisienne toute grisouille… J’ai rougi et frissonné en lisant ce que vous dites de mon écriture, si gentiment… Je l’ai montré à Alexis, je l’ai envoyé à mes amies, et enfin je prends le temps de vous répondre 🙂
      On se demande parfois, souvent, pourquoi on écrit, ou pour qui… et puis de temps en temps, un retour comme le vôtre justifie à lui seul tout le travail autour de cette newsletter !
      Non seulement ça, mais votre commentaire amène à réfléchir, sur le fond du sujet. Je trouve votre expérience vraiment intéressante… SI seulement les professionnels autour de nos enfants pouvaient avoir la même empathie et la conscience de ce que ça demande aux autistes, simplement d’être en classe.
      Vous avez raison à propos de l’ULIS qui débouche rarement sur le lycée, mais je crois que ce n’est pas le dispositif en lui-même qui empêche les élèves d’aller ensuite au lycée, c’est plutôt le fait qu’il a été dévoyé et qu’on y affecte dès le départ des enfants qui ne peuvent pas faire d’inclusion et seraient probablement plus heureux dans des structures plus adaptées, si celles-ci étaient plus accueillantes. Quant aux enfants pour lesquels le dispositif est pensé, des enfants qui ont les capacités cognitives de suivre et d’aller en inclusion mais pour lesquels la classe ordinaire est trop … Ces enfants-là on les met en classe ordinaire à temps plein, accompagnés fort heureusement, mais quoi qu’il leur en coûte en terme de stress et d’anxiété. On fait ça parce que les parents hiérarchisent les options et préfèrent toujours ce qui est le plus proche de la « normalité ».
      Je ne sais pas si Poppy pourra ou voudra aller au lycée en seconde générale, mais je suis convaincue que la mettre en ulis ne l’empêcherait pas de le faire… alors que la classe ordinaire pourrait peut-être entraîner le développement chez elle d’un trouble anxieux ou d’une phobie scolaire si ses spécificités ne sont pas prises en compte. Nous ne savons pas encore où elle ira en 6e, nous en parlerons probablement dans le prochain numéro, mais quoi qu’il en soit j’aimerais vraiment qu’elle soit accompagnée par des professionnels comme vous !!!
      Merci encore et à bientôt !

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      1. Avatar de triumphtransparent5b8170a0e2
        triumphtransparent5b8170a0e2

        Vous avez totalement raison dans votre réponse, et je crois que lors de la prochaine ESS de Poppy, il faudra vraiment dire tout cela et que ce soit écrit sur le GEVA-Sco rédigé par son enseignante, que le projet est de ne pas lui interdire d’aller en seconde générale, si dans quelques années, cela devient le projet de Poppy afin que la coordinatrice de l’ULIS et le professeur principal de la classe de référence en sixième qui va l’accueillir sachent, dès le début, que le projet pourrait être au bout de quatre ans, une seconde générale et technologique. Cela permettra à la coordinatrice de l’ULIS, lorsqu’elle va écrire avec vous et avec Poppy, la mise en œuvre du PPS, de prévoir la classe de référence et les matières dans lesquelles elle sera en inclusion. Vous avez raison pour la scolarisation en classe de sixième : effectivement j’ai déjà vu des enfants neuro atypiques mal accueillis par certains enseignants et en souffrance malgré toute la bonne volonté de leur prof principal, de l’AESH I et des équipes de direction des collèges. N’hésitez pas à prendre rendez-vous dès maintenant avec les équipes de direction des collèges dans lesquels il y a un dispositif ULIS et qui ne sont pas trop loin de chez vous. Cela vous permettra de pouvoir prendre une décision, de pouvoir aussi sentir l’équipe, demander à aller visiter le dispositif, rencontrer la coordinatrice et donnez-vous le temps de la réflexion. Faites aussi confiance à votre instinct : c’est vous, ses parents, qui savez ce qui est le mieux pour Poppy, et surtout Poppy qui sait à quel rythme elle veut avancer. Ce que mon expérience m’a appris, c’est que ce sont souvent les parents et la confiance qu’ils ont en leur enfant, qui font la différence… bonne journée !

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  4. Avatar de Colombeau
    Colombeau

    Voilà un commentaire complet, élogieux et rassurant : de quoi conforter Anne ds l’option de continuer à publier malgré les doutes parfois ..

    Merci pour elle ! Marta

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