Le « modèle social du handicap » est une théorie développée dans les années 70-80 dans les pays anglo-saxons par des défenseurs des droits des personnes handicapées.
Jusque là, le handicap était défini et considéré uniquement comme une déficience de l’individu, médicalement constatée et prise en charge (modèle médical du handicap), les soins visant à normaliser le plus possible la personne.
Le modèle social du handicap ne nie pas la réalité médicale individuelle, mais la complète en proposant un changement de point de vue : il s’agit de constater et questionner la déficience de la société elle-même, en tant qu’organisation, à prendre en compte les différences. C’est l’environnement hostile qui ostracise les personnes qui n’entrent pas dans les normes dominantes.
On pense alors au concept de « situation de handicap » : ce n’est pas la paraplégie qui bloque l’accès à un logement au premier étage, mais l’absence d’ascenseur. Ce n’est pas l’autisme qui empêche un enfant d’être en classe ordinaire, mais l’absence d’aménagements prenant en compte ses spécificités… Si tout le monde pouvait voler, Simone Biles serait handicapée. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois etc etc. Le handicap est donc relatif, il est défini comme incapacité par rapport à une norme.
Cette vision sociale qui ne stigmatise pas la personne handicapée, permet une action collective pour rendre l’environnement plus accueillant. Elle ouvre la voie à une réflexion plus vaste et générale sur l’inclusivité. Il n’est pas seulement question de faire une place aux plus faibles, mais de s’ouvrir suffisamment pour reconsidérer cette faiblesse, voir plus loin les forces qu’elle cache et le courage qu’elle implique, se respecter et s’enrichir les uns des autres.
Reconsidérer la faiblesse… voir le courage… les Jeux Paralympiques qui s’ouvrent cette semaine à Paris devraient participer à cette prise de conscience.
Je sais déjà que je vais pleurer en regardant Bébé Vio.
Et vous, qui vous fait vibrer ?
Anne


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