Alice in WonderDoudouLand

Alice est entrée comme une tornade de fraîcheur dans la vie de Poppy il y a maintenant 2 ans. Elle en avait 16 et était en vacances dans notre village où habitent ses grands-parents. C’est un petit village, tout le monde se connaît. Je suis même allée à l’école avec sa maman… Marta a eu l’idée (géniale) de lui proposer de faire du Poppy-sitting en Poitou, mission d’été qui s’est transformée en job à l’année car, par miracle, Alice vit et étudie à Paris, pas loin de chez nous. Elle a donc tout naturellement continué à venir durant l’année scolaire, les mercredis après-midis, pour quelques heures avec Poppy.

Au fil du temps passé ensemble, la magie d’Alice a opéré. Car Alice est magique. Elle est à la fois douce et très joyeuse, intelligente, curieuse et patiente. Sans la contraindre jamais, elle entre dans l’univers de Poppy, s’en émerveille et s’y installe comme dans un pays étranger.

Alice n’est pas fâchée si Poppy refuse de sortir dehors ou même de son lit. Elle est contente aussi si je lui annonce que Poppy veut aller avec elle à la médiathèque ou au Musée. Toujours enthousiaste, elle ne juge pas, elle s’adapte.

La plupart du temps Poppy l’entraîne vers son lit. Alice s’installe alors sur une chaise ou à même le sol, face à elle, et le show peut commencer.

Elles ont inventé « l’école des doudous ». Chaque peluche a une voix, un caractère, des mimiques ou même un handicap (Tigrou est hyperactif et Winnie dyslexique). Dans un joyeux tintamarre, les doudous s’amusent, se chamaillent, apprennent à lire, font du calcul menteur, de la conjugaison aléatoire, des dictées farceuses, des bêtises en série… Alice a offert à Poppy pour son anniversaire le plus fabuleux des cadeaux : un joli cahier intitulé « cahier des doudous ». En haut de chaque page elle avait écrit le nom d’un doudou et depuis elle y consigne les répliques de chacun. Ce précieux cahier est compréhensible d’elles seules. Poppy nous le montre parfois et chaque ligne, lue et relue, la fait exploser d’une joie contagieuse.

Quand Alice est là, pas d’iPad ou si peu. Souvent je travaille pas bien loin, et j’entends alors le rire à gorge déployée de Poppy qui envahit toute la maisonnée. C’est le son que je préfère au monde.

Comment cette lycéenne, si brillante soit-elle, a-t-elle ainsi réussi à prodiguer tant de joie, et à interagir de façon aussi fluide, avec une petite fille autiste qui laisse dubitatifs bien des professionnels ? Peut-être est-ce parce qu’Alice a un petit frère qu’elle a apprivoisé alors qu’elle était encore enfant, possiblement parce qu’elle est un TCK (third culture kid) à la capacité d’adaptation hors du commun, sans doute parce qu’elle a été très bien élevée entre Paris, Hong-Kong et le Poitou… mais je pense aussi qu’Alice a un truc qui n’appartient qu’à elle. Et un grand mérite ! Son talent est naturel, mais elle ne ménage aucun effort. Elle a pris Poppy comme une énigme à résoudre, un challenge à relever, et je crois bien qu’au passage, elle s’est mise à l’aimer.

Nous trois, en tous cas, on est tombés sous le charme irrésistible d’Alice.


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