Chaque été, nous prenons nos quartiers dans la verte campagne où nous accueillent Marta, ma maman jardinière, sa chienne Sweety et de nombreux autres personnages sympathiques du petit village dans lequel j’ai grandi.
La transhumance est douloureuse pour moi qui supporte mal les moyens de transports (je souffre de phobies plutôt invalidantes depuis toujours). C’est toute une organisation : Alexis emmène d’abord Poppy en train. Une fois qu’elle est saine et sauve dans les bras de ses marraine, tantes et grand-mère, il change de quai et revient à Paris où il loue une voiture. Il sera alors mon co-pilote (je sais c’est fou j’ai le permis) pour 450 km effectués dans la nuit noire, de hameaux en petits villages, sur des départementales et des chemins vicinaux, voire des pistes au milieu des champs beaucerons. Piégés dans un habitacle glacé par les fenêtres grandes ouvertes, à une vitesse d’escargot, rendus somnolent·e·s par l’heure avancée, mais hyper vigilant·e·s car les animaux sauvages peuvent surgir à tout moment devant nous… nous avons croisé cette année une maman renard et ses 3 renardeaux, un chevreuil, un gros sanglier, un blaireau (ou castor), une douzaine de lapins de garenne, des poules, de nombreux chats dans les villages endormis et moins de 10 voitures en mouvement.
Ce voyage, et le retour, constituent probablement nos plus grands moments d’intimité de l’année et pourraient, après tout, être une expérience amusante, une aventure exotique, si nous chantions à tue-tête des tubes endiablés de notre jeunesse et en profitions pour partager potins, rêves et passions. Mais ce serait compter sans l’angoisse paralysante qui peut m’envahir à tout moment, me faire passer de 80 à 12 km/h et de 65 à 180 pulsations cardiaques par minute. Pour éviter cela une seule solution, empiriquement (ou sérendipiteusement) trouvée : débattre, si possible de sujets qui m’indignent et nous opposent, afin que toute la place dans mon cerveau soit occupée par l’intensité de la joute.
Nous voici donc enfin au vert, exsangues mais soulagés. Nous avons un peu moins de 2 mois pour nous réconcilier et nous préparer au match retour.
Alexis est en télétravail et moi à temps plein avec une Poppy galopant et grimpant dans le grand jardin, de noisetier en plants de rhubarbe.
Si cela vous convient (ou pas), nous allons lever un peu le pied cet été et opter pour un format plus léger avec un envoi peut-être erratique. La partie scientifique sur l’autisme qui me prend le plus de temps sera remplacée par des conseils lecture ou vidéo et la profondeur de la réflexion devrait être inversement proportionnelle à celle des ploufs dans la piscine. N’hésitez pas à vous plaindre au service après-vente ou à me faire part de vos suggestions via notre formulaire de contact.
Chers lecteurs et chères lectrices, nous vous souhaitons un très bel été !
Anne



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