Poppy SilverSpoons #31

Bienvenue dans notre newsletter sur l’autisme et la vie, au contenu scientifiquement (ou pas) approuvé par moi-même.

Je suis Anne, maman neuroatypique de Poppy, autiste hyperlexique de 10 ans, mangeuse de popcorn et blagueuse à limaces.

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Sans plus attendre, en rubriques et illustrées, nos pensées de la semaine :

LA VIE – C’EST DE L’HUMOUR

C’est avec concentration que j’organisai cette semaine une conférence réunissant un aréopage de (ré)assureurs, avocats, magistrats et actuaires. Après quelques minutes d’introduction sur la pertinence de telle table de mortalité, je sens dans ma poche un « bzz, bzz, bzz » insistant. Puis un autre. Et encore un autre. J’ose à peine sortir mon téléphone et lorsque j’aperçois que c’est Anne qui me bombarde, je crains le pire… survenant au pire moment. Voici un aperçu des messages dont il s’agissait :

En résumé, pas de réelle urgence, à part celle pour Poppy de partager sa passion pour l’univers de Winnie l’ourson. Je pouvais sereinement remettre mon téléphone dans ma poche et me re-concentrer sur les prévisions d’inflation de la zone Euro.

Lorsque Poppy est sur l’iPad, elle a accès aux messages d’Anne. Elle s’en sert souvent pour ce genre de partage mais pas uniquement.

Il y a quelques mois dans cet article, j’essayais d’analyser mon sentiment sur les mauvaises notes que Poppy ramène parfois à la maison et qui relèvent davantage de sa facétie que de lacunes scolaires. N’empêche, je reste sensible aux quelques fautes de Poppy, même si je soupçonne souvent qu’elle le fait exprès. C’est dans ce contexte que le lendemain du bombardement d’images de Winnie, nous eûmes cet échange :

Le terme important ici est celui d’ »échange ». Il est (de moins en moins, mais toujours très) rare que Poppy et moi ayons à l’oral des échanges « typiques ». Alors que par écran interposé, cela semble beaucoup plus facile.

C’est ainsi qu’il y a quelques mois, la première fois que Poppy a eu à faire une prise de sang, elle avait pu texter très clairement auprès de sa grand-mère une inquiétude qu’elle ne parvenait pas à exprimer à l’oral. Ci dessous, avant/après la terrible prise de sang :

Vivent les écrans, et vive l’humour!

Alexis

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LA SEMAINE #31 DE POPPY (récit tapé par Poppy seule)

Cette semaine, il y avait kermesse dans mon école. Portez ce vieux whisky au jaguar blond qui fume. Cette phrase contient les 26 lettres de l’alphabet. C’est la dernière semaine de l’école.

Je cherche des cubes dans la piscine à balles. J’en ai trouvé deux.

Je joue à la queue de Bourriquet. Il faut attacher la queue de bourriquet à sa place.

Je pêche à la pêche aux canetons où il y a des canards et des cannes à pêches.

Je regarde Vice-Versa 2 au cinéma. Il y a quatre nouvelles émotions : l’anxiété, l’envie, l’ennui et l’embarras.

Je joue au billard avec la grande Constance. J’ai fait tous les sports des toutous avec elle.

C’est un ours polaire ou bi-polaire en peluche qui s’appelle Ottto et qui a un livre. Je vais l’offrir à mon nouveau cousin Marius, alias Esteban, qui est né cette semaine.

That’s all Folks !

Poppy

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La semaine dernière, je vous ai parlé de motivation sociale et j’ai été assez injuste avec Poppy en expliquant qu’elle en manquait et qu’elle nous ignorait souvent. Ce n’est pas vrai. Elle a toujours communiqué, même si parfois ses signaux étaient difficiles à décoder. Là encore, il s’agit plus d’une différence que d’un déficit. La même prise de conscience a amené un chercheur, Damian Hilton, en 2012, à théoriser le problème de la double empathie.

Dans la littérature scientifique sur l’autisme, on rencontre souvent l’expression « manque d’empathie » (souvent liée à « déficit dans la théorie de l’esprit« ). Damian Hilton émet l’hypothèse que les difficultés des autistes à être en empathie avec les neurotypiques ne seraient pas plus grandes que la réciproque. Les non-autistes ont aussi beaucoup de mal à comprendre et analyser les attitudes et émotions des autistes. Lorsqu’il s’agit de culture ou de langue étrangère, ces différences ne sont pas analysées comme des déficits d’un groupe par rapport à l’autre.

Cette thèse est aujourd’hui corroborée par de nombreuses études et observations*. Les familles ou les groupes d’amis autistes expliquent que tout va bien tant qu’elles sont en vase clos dans leur univers, enfants, parents, amis, tous autistes, vivraient en harmonie… C’est quand il faut aller à l’école ou affronter la société des neurotypiques que tout se complique et qu’apparaissent les situations de handicap et les incompréhensions.

Pour revenir à l’empathie au sens propre, il semble que les autistes, y compris ceux qui ne s’expriment pas verbalement, absorbent les émotions comme des éponges et sont très sensibles à la détresse d’autrui, mais qu’ils ont parfois du mal à montrer leur empathie, surtout sur le moment, ce qui donne lieu à des réactions parfois inadaptées. Il peut y avoir un décalage entre le moment où votre ami vous fait part d’un chagrin par exemple et celui où vous êtes triste pour lui. Mais l’intensité de la tristesse n’en est pas moindre.

Leur sens de la justice est grand, et chez certains autistes on observe que le supposé manque de sympathie pour un individu est largement compensé par une empathie pour le genre humain, voire la cause animale, voire la défense de la planète toute entière, à l’instar d’une jeune femme autiste comme Greta Thunberg. 

Le cheminement vers une société où il fera bon vivre ensemble commence peut-être par la connaissance et l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

Anne

*étude parue en 2024 sur le problème de la double empathie (en anglais)

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LES DESSINS DE POPPY

Otto l’ours bi-polaire, par Poppy

Le marchand de glaces vient d’arriver. Otto, l’ours le plus gourmand de la banquise, part en acheter une. L’ours blanc est très content.

Sur le chemin, Otto hésite. Quelle glace va-t-il prendre ? À la fraise ? Au chocolat ? Au poisson pané ? C’est difficile de choisir. Il les aime toutes.

Quand Otto arrive chez le marchand, une centaine de pingouins attendent. Otto doit attendre son tour !

C’est le tour d’Otto. Mais il est trop tard ! Les pingouins ont mangé toutes les glaces. L’ours blanc est triste.

Mais… surprise ! Il reste une glace magique ! Une glace qui a tous les goûts à la fois !

Otto rentre chez lui avec sa glace un peu spéciale !

Ce livre est pour Esteban !

Texte et illustrations de Poppy (inspirée des Zanimomusic)

Poppy

Les précédentes histoires de Poppy

Les précédents dessins commentés de Poppy

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Anne


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