J’ai un peu honte d’être tombée sur cette série, autant par hasard que par flemme. Après les K-drama, voici que je regarde des teen-séries, ou séries pour adolescent·e·s, équivalents modernes de « la Boum » ou « À nous les garçons! ». Un scénario à l’eau de rose une adolescente moquée et mal dans sa peau qui finit par séduire le beau gosse trop cool du collège… Bref.
Ici nous avons Harriet, une jeune fille intelligente, passionnée de dinosaures et de biologie, véritable encyclopédie sur pattes qui se fait harceler dans son école. Elle est aussi maladroite qu’hypersensible aux bruits et totalement perdue face aux codes à posséder pour s’intégrer dans la jungle des relations entre ados. Elle n’a qu’une amie, qui rêve de bosser dans la mode. Evidemment, c’est la geek qui est repérée pour devenir top-model. Sa gaucherie est touchante, son inadaptation une fraîcheur.
J’ai regardé les premiers épisodes avec une curiosité qui s’est accrue au fur et à mesure que je comprenais l’évidence : Harriet est autiste, pas une sorte d’autiste à la Sheldon Cooper ou Phoebe Buffet, petits ovnis neurodivergents, non, vraiment autiste. The Geek Girl est une série légère, qui traite le sujet du côté lumineux de la force. On n’y sent que l’amorce des crises beaucoup plus violentes dans la vie. Harriet s’adapte et les surmonte quand d’autres seraient envahis de pensées suicidaires…
Je me demandais si les scénaristes allaient assumer, à quel moment le mot en A serait prononcé. Il ne l’est pas. On s’en approche quand le père déclare qu’il ne laissera pas sa petite fille être étiquetée, « réduite à un diagnostic ».
Un peu sur ma faim, j’ai fait des recherches et vite compris que je n’étais pas la seule à poser la question. La série est adaptée d’une dizaine de livres à succès auprès des jeunes, « The Geek Girl ». Son auteur, Holly Smale, explique qu’elle y raconte son adolescence. A l’époque elle ne savait pas qu’elle était autiste. Elle a été diagnostiquée à 39 ans. Et pour jouer le rôle, une actrice autiste a été choisie, Emily Carey. Voilà qui répond aux accusations de non représentativité de l’autisme et au procès en authenticité.
Alors effectivement il s’agit là d’une héroïne autiste sans déficience intellectuelle ni retard de langage, et même peut-être sans handicap, mais c’est une autiste et sa neurodivergence est célébrée. On y voit d’ailleurs d’autres personnages hauts en couleurs. Le geek, autrefois moqué, deviendrait-il cool ? Vers la bienveillance et au delà !
Anne


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