La Vie Inclusive

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Dans le numéro 28, nous testions une version audio de la newsletter que nous allons généraliser. J’ai commencé à enregistrer et intégrer la version audio des derniers articles. Poppy s’attèlera bientôt à vous décrire ses dessins de sa jolie petite voix flutée.

C’est encore en phase de rodage et les questions sont nombreuses : faut-il utiliser notre voix ou une voix synthétique ? Bidouiller avec le dictaphone du téléphone ou attendre d’avoir les moyens techniques de faire de la qualité professionnelle ? Enregistrer chaque article (comme ici) ou la newsletter en intégralité (comme dans le numéro 28) ? Lire le texte ou raconter le sujet ? Décrire les images également ? Nous aimerions beaucoup avoir votre avis.

« C’est rigolo, mais pourquoi ? » m’a demandé maman. Pourquoi ou plutôt pour qui ? Ma grand-mère bientôt centenaire ne peut plus guère lire… mais elle est aussi très sourde ! Qui nous écoutera ? Ceux qui ne peuvent pas nous lire.

On ne pense pas toujours, en lançant un projet, aux personnes en situation de handicap. On devrait.

  • La première raison, c’est qu’y penser plus tard a un coût presque toujours bien supérieur. Enregistrer une newsletter est rapide et agréable, ajouter des enregistrements à toutes nos archives de 170 articles (déjà!) va être une besogne laborieuse. Mais ce n’est rien à côté de ce que demande l’adaptation d’un véhicule, d’un logement, d’un espace public aux personnes handicapées. Il faudrait toujours inclure l’accessibilité à la réflexion en amont.
  • La seconde raison est que cela profite souvent à tout le monde. Notre petite version audio a permis à certains de découvrir la voix de Poppy. Les instituteurs se rendent compte que ce qui est aménagé pour les enfants autistes dans la classe, comme les supports visuels, est bénéfique aux autres enfants. Les poussettes des bébés circulent mieux dans les villes pensées pour les fauteuils roulants.
  • la troisième raison, que j’aurais dû mettre en 1, c’est que les personnes en situation de handicap existent et qu’elles devraient pouvoir accéder aux mêmes espaces, informations, services, emplois que les autres !

Pourquoi on n’y pense pas ? En grande partie parce qu’on ne les voit pas. C’est le serpent qui se mord la queue. Moins l’espace est adapté moins on voit les personnes pour lesquelles il devrait être aménagé. Elles ne sont pas représentées non plus dans l’espace médiatique, la vie politique, etc.

Comment faire pour les rendre plus visibles ? De nombreuses initiatives existent, comme par exemple le DuoDay, un projet qui vise à promouvoir l’inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail en organisant, le temps d’une journée, des duos entre des professionnels et des candidats en situation de handicap. L’idée de base est de promouvoir l’emploi en montrant que les handicapé·e·s sont capables de plus que ce qu’on imagine, mais cela permet aussi à tous les participants et à toutes les participantes valides de s’interroger sur l’accessibilité de leur espace professionnel. Si vous voulez en savoir plus et être volontaire pour le DuoDay qui aura lieu le 21 novembre 2024, rendez-vous sur le site DuoDay.

Une bonne nouvelle de dernière minute nous apprend aussi que Théo Curin, dont nous vous parlions la semaine dernière, va devenir très visible à la rentrée en animant un célèbre jeu télévisé.

Quand les valides auront compris que le handicap représente une opportunité de s’élever tous ensemble, que la vulnérabilité est une part de notre humanité qu’il faut non seulement accepter, mais chérir et soigner, alors on pourra dire que notre civilisation progresse.

Anne

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