Bienvenue dans notre newsletter sur l’autisme et la vie, au contenu scientifiquement (ou pas) approuvé par moi-même.
Je suis Anne, maman neuroatypique de Poppy, autiste hyperlexique de 10 ans dessinatrice compulsive, amatrice de Pringles et apprentie somnambule.
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Sans plus attendre, en rubriques et illustrées, nos pensées de la semaine :
LA VIE – DIOGÈNE
Poppy et Dad sont au Jardin d’Acclimatation et j’en ai profité pour faire le ménage. J’aime que tout soit propre et bien rangé. Même si ma maniaquerie ne va pas jusqu’au fond des placards, je m’applique à passer le sol à la vapeur au moins une fois par semaine, le paillasson et les semelles des chaussures aussi, qui pourtant sont interdites à l’intérieur… sauf couvertes de sur-chaussures jetables que je garde à portée de main près de la porte au cas où un plombier ou autre livreur ne soit pas prêt à enlever ses chaussures de sécurité.
Depuis plusieurs semaines, chaque fois que je fais le ménage, un truc me démange : ranger et réparer la jolie maison de poupée que j’ai trouvée lors d’un vide-grenier de quartier en 2018.

À l’intérieur, il y a tout, de bric et de broc, fabricolé par un ancien propriétaire. J’ai passé ça à la vapeur bien sûr, rangé et rafistolé ce qui en avait besoin, avant de l’offrir à Poppy.

Fragile mais vraiment charmante, elle a trouvé sa place dans le salon et Poppy jouait régulièrement à y raconter des histoires d’animaux humanisés avec ses figurines. Elle y mettait le bazar et je rangeais. Classique.
Mais depuis un incident l’année dernière les choses ont changé. Cette catastrophe n’a même pas eu lieu chez nous, mais chez la grand-mère de Poppy, qui a aussi une maison de poupées. Avant l’arrivée de Poppy, elle a eu la mauvaise idée de la ranger. Poppy a piqué une grosse crise*, une énorme crise* même, en découvrant la forfaiture. C’était comme si ce changement avait affecté toute la grande maison, comme si elle perdait un repère essentiel et trouvait alors tout bouleversé, inhospitalier, angoissant.
Depuis, elle s’attache au désordre de sa maison de poupée comme un coquillage à son rocher. Impossible d’y faire le moindre brin de ménage. Pire, elle y ajoute du bazar chaque fois qu’elle joue, mais c’est le sien, elle le connaît, elle sait qu’il y a un minuscule os dans une gamelle au fond de la cuisine, sous le vaisselier effondré et l’âne en culotte… Je tente parfois des trucs, comme mettre tous les personnages dans une boite à chaussures à côté de la maison. En voyant cela, elle pique une colère et s’applique à vider la boîte en un tas immonde. Elle me nargue, elle me provoque. « C’est ma maison de poupées et je l’aime en bazar, en gros bazar ».

J’avais entendu parler de rigidités chez les jeunes enfants autistes, de panique face à un changement d’ordre des livres sur une étagère ou de doudou. C’est la fameuse recherche de l’immuabilité que nous vous décrivions l’autre jour.
Poppy connaît tous les milliers de livres de ses bibliothèques de façon assez dingue « Je veux nationale zéro. » Il est dans la bibliothèque à droite de ma chambre. » « Je ne le trouve pas Poppy, aide-moi. » « C’est un petit livre. Sa tranche est noire ! » Elle ne se trompe jamais. Mais ça me va car ils sont rangés de façon relativement esthétique.
Les premières années, nous triions régulièrement livres et doudous pour en donner et en envoyer à la campagne. Nous le faisions ensemble et elle était ok. Et puis un jour elle a eu un regret, un petit doudou chien dalmatien qu’elle avait donné pour Noël lui manquait. Elle est toujours triste de ça, et nombre de ses angoisses sont liées au sujet « Si on ne joue pas avec un jouet, les cigognes vont le prendre et l’emmener chez les labradoodles. C’est là que vont les jouets avec lesquels on ne joue pas. » Dès lors, elle n’a plus voulu se séparer de rien et j’ai peur qu’un début de syndrome de Diogène la guette… et me terrasse !
Anne
*Quand je parle de « crise », il ne s’agit pas ici de crise de colère, mais de ce qu’on appelle un « meltdown » ou effondrement autistique. Comme tous les enfants Poppy pique parfois des colères, se roule par terre ou tape fort pour montrer son mécontentement… il ne s’agit pas de ça. Ce sont des crises qui ne sont pas adressées à l’entourage, des moments où son chagrin/désespoir/inconfort est évident mais nous ne pouvons rien faire pour elle. C’est assez déconcertant. Dans un prochain numéro je vous parlerai des différents mots pour désigner des états caractéristiques de l’autisme.
Plus de pensées dans nos archives
LA SEMAINE #24 DE POPPY (récit tapé par Poppy seule)
Seulement 2 jours d’école ! Mais j’ai fait du théâtre et Dad est parti en Italie. C’est Marta qui me garde avec Maman.

Je fais du roller dans la cour. Il y avait une pente dangereuse qui m’a fait dégringoler par terre ! Je glissais parfois mais je suis dégringolée encore plus de fois que quand je glisse !

Je suis dans une grenouille manège qui s’appelle le Kiddie Spin. La grenouille saute partout comme un petit lapinou perdu dans ses petites pensées de sagesse caribou.

Je suis dans le manège Toupie et je suis dans l’hélicoptère Croix Rouge. Cet hélicoptère vole quand j’appuie sur le bouton et fait le bruit de l’alerte intrusion.

Je pourchasse un paon avec un chien qui s’appelle Cafetière. Le paon ne perd pas l’envie de s’en aller en courant et en abandonnant ses jolies plumes multicolores qui sentent la nougatine aux croquettes pour chiens. Ce paon a peur des humains et des chiens aussi, même en peluche, en plastique, en bois, à roulettes ou à bascule !

Je grimpe sur un mur d’escalade en rocher pour aller sur le toboggan avec la glisse. Je suis la reine de la glisse du toboggan qui saute partout !

Je suis devant le Centre Georges Poupoupidou POMPIDOU. Il y a la Galerie des enfants qui jouent à courir et sauter un peu partout sans jamais se casser la margoulette !

Je suis à côté d’un tableau avec PHARAMOUSSE et PATOUCHE et NAPHTALINE et SILHOUETTE. C’est là qu’Emmanuel Guibert a trouvé les noms des copains d’Ariol.

Je suis devant des jouets vintages et un hippo chevaucheur où on entend tout le temps des chansons.
That’s all Folks !
Poppy
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AUTISME – LIVRE – SIMPLEMENT UNIQUE

J’attendais que « Uniquely Human » soit traduit en français pour vous en parler, c’est chose faite.
Ce livre est une sorte de conversation avec un grand spécialiste de l’autisme qui publie des articles depuis 40 ans, organise des rencontres, enseigne à l’université et surtout est appelé aux quatre coins des États-Unis pour jouer les Sherlock Holmes de l’autisme.
D’enquête en enquête, d’enfant autiste en adulte autiste, de cas particulier en histoire singulière, son récit à la Oliver Sacks, se transforme en un enseignement plus général sur l’autisme, la neurodiversité, et la façon dont notre société les appréhende.
Tous les parents et tous les accompagnants d’enfants autistes devraient lire ce livre. L’accès en est facile, les réflexions plus philosophiques que médicales, et les conseils plus pratiques que dogmatiques. Le propos est positif, joyeux, optimiste.
Maîtrisant parfaitement son sujet, Barry M. Prizant lance un appel humaniste à un changement nécessaire dans les mentalités et dans les pratiques face à l’autisme.
Anne
« Simplement unique » sur google books où vous pourrez lire en ligne les 86 premières pages
Plus de contenus culturels sur l’autisme dans les archives de Poppy SilverSpoons
LE DESSIN DE POPPY

C’est une école de chats avec le professeur de mathématiques qui apprend aux enfants le calcul menteur. Le calcul menteur est quand on échange l’addition et la multiplication et quand on échange la soustraction et la division.
That’s all folks !
Poppy
Les précédentes histoires de Poppy
Les précédents dessins commentés de Poppy
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Anne


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