Bienvenue dans notre newsletter sur l’autisme et la vie, au contenu scientifiquement (ou pas) approuvé par moi-même.
Je suis Anne, maman neuroatypique de Poppy, autiste hyperlexique de 9 ans dessinatrice compulsive, amatrice de Pringles et de blagounettes.
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Sans plus attendre, en rubriques et illustrées, nos pensées de la semaine :
LA VIE – HISTOIRE DE LITS
Poppy dort bien. Et oui, nous mesurons notre chance, depuis le début.
En sortant de la maternité, nous avons loué un petit lit d’hôpital transparent pour Poppy, que Dad a roulé dans sa minuscule chambre à côté de la nôtre. Elle a dormi sagement jusqu’au lendemain, plus de 10 heures d’affilée, au point qu’on a appelé les infirmières de la clinique en panique pour savoir s’il fallait la réveiller pour la nourrir…
Quelques semaines plus tard, nous l’avons transférée dans un lit à barreaux de 120 sur 60 cm qui était censé l’accompagner jusqu’à ses 18-24 mois, au bout desquels j’ai donc commandé un lit plus grand, une sorte de banquette. Poppy a toujours refusé d’y dormir et voulu garder son “petit lit à barreaux” dans lequel elle grimpait et culbutait alertement. Elle le remplissait de livres, de doudous, et mettait une assez grande couette dedans. Elle s’y sentait bien, enveloppée, comme dans un terrier ou un nid.

Rien n’a pu la convaincre d’abandonner ses habitudes, et la banquette est partie car 2 lits dans une chambre de 5m2 c’était trop.

Au bout d’un très long moment, après une semaine qu’elle avait passée malade au fond de son trou, nous avons décidé d’agir. Elle allait avoir 7 ans et ne pouvait plus s’allonger dans son lit terrier adoré.

J’ai alors passé beaucoup de temps à imaginer un lit pour elle avec elle, au fond de sa chambre, un lit fait par un menuisier selon des plans qu’elle avait dessinés et validés avec moi : une sorte de terrier/cabane/lit breton avec une fresque représentant la nuit étoilée, des étagères pour les doudous et d’autres pour les livres, un trou pour y grimper et des rideaux pour le fermer de l’intérieur, suivant ses instructions et ce que j’imaginais qui pourrait lui convenir. Tout ça avec l’aide d’amis précieux pros de la déco…


Après avoir regardé le menuisier monter son lit 2 jours durant, elle a accepté d’y dormir et très vite il est devenu son refuge.

J’ai alors pu vendre le petit lit sur le boncoin. Elle l’a réclamé cependant régulièrement pendant les 2 années qui ont suivi, quand elle était triste ou émue.

A la campagne, elle continuait de vouloir un petit lit à barreaux de bébé, refusant les lits une place en bois ou métal qui meublent la maison. L’été dernier, après des heures de recherche online, nous avons commandé un lit / aire de jeux qu’elle avait validé. Une journée de montage sous sa supervision, coussins et rembourrage, c’est un grand succès !
Elle passe maintenant de longues heures dans son lit, pour dormir mais aussi pour jouer, écouter de la musique, faire des spectacles, toujours entourée de doudous !

Quand elle est malade, elle a même décidé d’y rester pour manger…

On dirait qu’elle a besoin d’être enveloppée, entourée, protégée. Et si vous croyez que ce sujet n’a rien à voir avec l’autisme, alors attendez de lire la rubrique du jour.
Plus de pensées dans nos archives
LA SEMAINE #21 DE POPPY (récit tapé par Poppy seule)
Cette semaine, c’est la fin des vacances. Je suis allée à la petite académie et aussi à la tribu des tipis.

Je suis sous un cerisier en fleurs et je trouve ça beau comme un hoquet qui ne s’arrête jamais.

Le chat Malibu discute avec Naphtaline dans la maison de la grande Constance. M.D.R.

Je suis devant le chien qui fume. C’est un restaurant avec des chiens de race qui aiment fumer des cigarettes.

Ce sont 21 sacs sur un tapis. Ces sacs sont faits pour mon anniversaire. Ce sont des cadeaux pour les invités.

Je suis sur un poniasson qui s’appelle Démon car il me fait tomber en s’ébrouant et en ruant partout. Il fait aussi des crocrottes. Bugs Bunny traîne par terre à côté de ton caméléon, monsieur le potiron.

Je suis dans la tour de contrôle du poussin vert. Et ça a un grand toboggan qui en fait naphtatrucquer Bugs Bunny à ton caméléon, monsieur le potiron. Youhou !

Je suis à la petite académie avec un gros ours polaire qui court sous un petit enfant et Grosminet est tombé dans la peinture qui fait fuir ton caméléon, monsieur le potiron. Le caméléon du potiron a fui Grosminet en abandonnant Bugs Bunny. Youpi !

Je suis avec Célia qui est venue déjeuner avec nous vendredi mais 3 ou 4 campagnols sont en train de bricoler des instruments pour la musique et le bébé campagnol a fait tomber son biberon et les trois ou quatre campagnols ne le ramassent pas pendant sept heures.
That’s all Folks !
Poppy
Les précédentes aventures de Poppy en cliquant ici
AUTISME et CONTENTION
Comme nous l’avons vu précédemment, l’autisme est caractérisé par des spécificités dans le traitement des informations sensorielles. L’interoception est la perception de l’intérieur de notre corps, et la proprioception est la sensation du corps dans l’espace. Ce sont deux sens qui présentent souvent des hyper- ou hypo- sensibilités et des recherches de sensations chez les personnes autistes.
Des bébés qui se cabrent, hurlent quand on les prend dans les bras, des enfants qui refusent les câlins, ou le moindre effleurement, certains qui cherchent des stimulations en se balançant, en se cognant… Ce sont des descriptions qui reviennent souvent dans les témoignages d’autistes ou de leurs parents. Du pouvoir apaisant des couvertures ou gilets lestés, aux hamacs dans tous les cabinets de psychomotriciens, il y a là quelque chose à creuser dans le domaine de l’enveloppement..
On parle de trouble de l’intégration sensorielle et on envisage l’étreinte ou la contention comme un moyen de faire face à la surcharge sensorielle, la pression procurant un effet calmant. Que ce soit dans les moments de crises ou simplement de stimming, on retrouve le besoin d’être enlacé, contenu, mais aussi la violence ressentie si ce n’est pas consenti ou contrôlé.
La meilleure illustration de ce besoin d’être serré nous est donnée par Temple Grandin, une autiste célèbre. Elle est ingénieure et imagine du matériel pour le bétail. C’est à la ferme de sa tante alors qu’elle était très jeune, qu’elle a découvert une machine qui permettait d’immobiliser les vaches pour les marquer. Elle qui ne supportait pas que sa maman la prenne dans les bras ou le moindre enlacement, a été fascinée par cette machine. Elle voulait l’essayer à tout prix et y a ressenti un apaisement qu’elle ne connaissait pas. A tel point qu’elle a ensuite conçu sa propre machine à serrer, adaptée aux humains et avec télécommande pour contrôler la force de serrage :

Elle envisageait même de commercialiser sa machine, pensant que tous les enfants autistes trouveraient là un apaisement.
Aujourd’hui, une jeune ébéniste française en propose sa version indéniablement plus design !
En savoir plus sur le site d’Alexia Audrain.
Même si vous n’êtes pas familier de l’autisme, vous avez peut-être déjà entendu parler de « packing », cette technique extrême longtemps employée pour soigner les enfants autistes et psychotiques dans les institutions psychiatriques. Il s’agissait de les envelopper de linges froids et humides, dans le but essentiel de faire varier la température du corps. Il ne s’agit donc pas de simples enveloppements.

L’image est vintage, mais la pratique existe encore et a donné lieu dans les années 2000 à de vives polémiques très médiatisées.
Les avis divergent grandement. Des associations la dénoncent comme un acte de torture barbare et demandent son interdiction. Des praticien·ne·s arguent des résultats obtenus, sans preuve ni chiffres mais aucun soin n’en a réellement de pertinents, même ceux qui sont aujourd’hui recommandés par la Haute Autorité de Santé. Je n’ai pas d’avis tranché pour le moment, c’est pourquoi je vous invite à lire les deux versions dans ces « regards croisés ».
On retiendra que toute pratique devrait être encadrée, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui puisqu’on ne sait pas exactement qui pratique le packing, ni dans quelles conditions… sur quels enfants, avec quel effet immédiat et quel consentement ?
Plus de contenus scientifiques sur l’autisme dans les archives de Poppy SilverSpoons
LE DESSIN DE POPPY

Les nuages font des paréidolies de Lola Bunny sur un chien et un éléphant qui joue avec un enfant. Sur le banc, il y a un bébé qui caresse un chien. Sous le banc il y a Bisbille. Sur le mur, des rats font la course et Batégaille dort sur le mur. Par terre, il y a une cage de football avec Ariol dedans et Naphtaline à côté de lui. Il y a un lapin qui fait du sifflet avec Ramono et Patouche qui tape dans le ballon à côté. Un putois tombe par terre avec un cochon. Il y a aussi Pétula derrière la cage et un hérisson qui perce un ballon gonflé à l’hélium.
Poppy
Les précédentes histoires de Poppy
Les précédents dessins commentés de Poppy
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