Autisme et contention

Comme nous l’avons vu précédemment, l’autisme est caractérisé par des spécificités dans le traitement des informations sensorielles. L’interoception est la perception de l’intérieur de notre corps, et la proprioception est la sensation du corps dans l’espace. Ce sont deux sens qui présentent souvent des hyper- ou hypo- sensibilités et des recherches de sensations chez les personnes autistes.

Des bébés qui se cabrent, hurlent quand on les prend dans les bras, des enfants qui refusent les câlins, ou le moindre effleurement, certains qui cherchent des stimulations en se balançant, en se cognant… Ce sont des descriptions qui reviennent souvent dans les témoignages d’autistes ou de leurs parents. Du pouvoir apaisant des couvertures ou gilets lestés, aux hamacs dans tous les cabinets de psychomotriciens, il y a là quelque chose à creuser dans le domaine de l’enveloppement..

On parle de trouble de l’intégration sensorielle et on envisage l’étreinte ou la contention comme un moyen de faire face à la surcharge sensorielle, la pression procurant un effet calmant. Que ce soit dans les moments de crises ou simplement de stimming, on retrouve le besoin d’être enlacé, contenu, mais aussi la violence ressentie si ce n’est pas consenti ou contrôlé.

La meilleure illustration de ce besoin d’être serré nous est donnée par Temple Grandin, une autiste célèbre. Elle est ingénieure et imagine du matériel pour le bétail. C’est à la ferme de sa tante alors qu’elle était très jeune, qu’elle a découvert une machine qui permettait d’immobiliser les vaches pour les marquer. Elle qui ne supportait pas que sa maman la prenne dans les bras ou le moindre enlacement, a été fascinée par cette machine. Elle voulait l’essayer à tout prix et y a ressenti un apaisement qu’elle ne connaissait pas. A tel point qu’elle a ensuite conçu sa propre machine à serrer, adaptée aux humains et avec télécommande pour contrôler la force de serrage :

Elle envisageait même de commercialiser sa machine, pensant que tous les enfants autistes trouveraient là un apaisement.

Aujourd’hui, une jeune ébéniste française en propose sa version indéniablement plus design !

En savoir plus sur le site d’Alexia Audrain.

Même si vous n’êtes pas familier de l’autisme, vous avez peut-être déjà entendu parler de « packing », cette technique extrême longtemps employée pour soigner les enfants autistes et psychotiques dans les institutions psychiatriques. Il s’agissait de les envelopper de linges froids et humides, dans le but essentiel de faire varier la température du corps. Il ne s’agit donc pas de simples enveloppements.

L’image est vintage, mais la pratique existe encore et a donné lieu dans les années 2000 à de vives polémiques très médiatisées.

Les avis divergent grandement. Des associations la dénoncent comme un acte de torture barbare et demandent son interdiction. Des praticien·ne·s arguent des résultats obtenus, sans preuve ni chiffres mais aucun soin n’en a réellement de pertinents, même ceux qui sont aujourd’hui recommandés par la Haute Autorité de Santé. Je n’ai pas d’avis tranché pour le moment, c’est pourquoi je vous invite à lire les deux versions dans ces « regards croisés ».

On retiendra que toute pratique devrait être encadrée, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui puisqu’on ne sait pas exactement qui pratique le packing, ni dans quelles conditions… sur quels enfants, avec quel effet immédiat et quel consentement ?


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