C’est souvent rétrospectivement qu’on identifie le bonheur… Bonheur je ne sais, mais confort c’est certain, dans un cocon, depuis que Dad ne travaillait plus, enfin plus pour une autre entreprise que notre troïka familiale.
Assez naturellement, à la naissance de Poppy, j’ai mis de côté mes activités, d’autant plus aisément qu’elles n’étaient pas rémunérées. Je voulais profiter au maximum de ses premier mois, de ses premières années, me disant que je me remettrais à écrire quand elle irait à l’école. Notre fille n’est pas allée beaucoup à l’école maternelle. Depuis qu’elle est en primaire, je manque de plages horaires suffisamment longues pour me plonger dans un projet. Poppy est adorable, mais il faut la surveiller comme un toddler pour éviter ou limiter les dégâts : balle anti-stress explosée, robinet qui coule, rouge à lèvres utilisé pour dessiner sur le mur etc. Quand elle ne fait pas de bêtises, elle pose des questions bien précises auxquelles on doit répondre. Les jours où elle est en forme, il faut l’emmener à l’école (compter 30 minutes aller-retour), préparer le déjeuner, aller la chercher, rentrer déjeuner, la ramener à l’école, revenir la chercher, goûter, devoirs, bain, diner, java du soir, le train-train. Rien d’insurmontable, d’autant que Dad depuis toujours était présent matins, soirs et week-ends… Certaines parviennent à tout concilier, pas moi. J’ai réussi à mener à bien quelques projets déco à la maison, comme la conception de son lit-cabane-terrier (dont je vous raconterai l’histoire un de ces jours), ou à faire des formations en ligne sur l’autisme, mais dans l’ensemble, j’étais sous l’eau.
Et puis l’année dernière, par un heureux (pour moi) coup du sort, Dad a perdu son emploi, et conséquemment s’est trouvé disponible les 40 (ou 60) heures par semaine que cela représentait pour lui. Il a déposé ce temps dans notre escarcelle commune et pris en charge les allées et venues, les bains, les rendez-vous, et bon nombre de questions. Quelques mois plus tard, je ne sais pas trop où sont passées toutes ces heures ou plutôt si, je sais : elles se sont transformées en yoga, marches, balades, douceur de vivre, et surtout en lectures, recherches, écriture… et en une vingtaine de numéros de cette newsletter que vous avez sous les yeux.
Dad a repris le travail cette semaine. Ce n’est pas une raison pour abandonner Poppy SilverSpoons, mais enfin Poppy la Véritable va redevenir ma priorité, d’autant qu’elle est en vacances ! Par avance pardon si nos envois perdent en densité ou en régularité. Poppy et moi vous promettons de continuer à y mettre tout notre coeur.
Ce matin je l’ai inscrite à la Petite Académie pour tester un cours de dessin. Pas d’AVS et un groupe d’enfants avec des consignes à suivre… je croise les doigts. On m’a suggéré de rester dans les parages et me voilà donc en vraie parisienne, assise en terrasse avec un thé et mon ordinateur que je sors pour la première fois.



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