L’autisme est une différence neurologique qui affecte profondément la façon d’appréhender le sensible, c’est une autre manière d’être au monde. Cette sensibilité particulière, dans ce qu’elle a de plus merveilleux, nous pouvons l’approcher par l’Art, devant la nuit étoilée de Van Gogh ou en écoutant Glenn Gould jouer Bach, par la poésie avec la synesthésie d’Arthur Rimbaud, et même par l’écriture, voire par la philosophie.
Florian Forestier est philosophe, romancier, et autiste. Dans « Mes Labyrinthes », il se raconte et s’analyse, avec beaucoup d’intelligence et une sincérité désarmante. J’ai pleuré à la lecture de ce livre, émue par un petit garçon qui ressemblait à Poppy et que j’aurais voulu rassurer, consoler, encourager, puis par le jeune homme soudain conscient des sentiments de rejet qu’il inspire à certains autres, par la personne toute entière qui décrit ses crises et ses difficultés. Je ne suis pas autiste, ou peut-être le suis-je ? Les crises autistiques de Florian sont la meilleure description de ce que j’ai toute ma vie durant appelé des crises d’angoisse, dernièrement mises en sourdine mais que jamais je n’avais réussi à partager vraiment. Un sentiment d’inquiétante étrangeté m’a longtemps hantée, jusqu’à ce que je rencontre une autre étrangeté, lumineuse, une étrangeté que je découvre chaque jour, qui déploie ses facettes, et que j’aime dans ses moindres replis, celle de mon enfant. Je souhaite à Florian, pour finir d’apprivoiser ses démons, ou le guider dans ses labyrinthes, de vivre un tel amour.

Avant peut-être de commander son livre, ou en attendant sa livraison, je vous recommande d’écouter l’épisode du podcast « Tous Pareils ou Presque » dans lequel il aborde son rapport au corps notamment, avec des mots justes qui aident à appréhender les difficultés de tous les autistes.
Il me semble essentiel de rappeler, en cette période où vous entendrez beaucoup d’aidants et de médecins, qu’il est plus important encore d’écouter les voix des autistes. Florian Forestier connait très bien son sujet et le premier article que j’ai lu de lui est resté dans mes archives comme un des textes les plus importants sur le sujet. Le voici :


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