Poppy SilverSpoons #11

Bienvenue dans le onzième opus de Poppy SilverSpoons, une newsletter sur l’autisme et la vie, au contenu scientifiquement (ou pas) approuvé par moi-même. J’espère que les sujets abordés vous intéresseront et vous donneront envie de la partager.

Je suis Anne, maman neuroatypique de Poppy, autiste hyperlexique de 9 ans dessinatrice compulsive, amatrice de Crumpets et fan des Baby Looney Tunes. Si vous souhaitez en savoir plus sur nous, vous trouverez nos portraits sur le site Poppy SilverSpoons. Vous pourrez également y lire les précédents numéros de cette newsletter.

Sans plus attendre, en rubriques et illustrées, nos pensées de la semaine :

J’ai compris cette semaine que ce choix qui est le nôtre de publier nos aventures ici peut susciter de l’incompréhension, voire des critiques. Voilà une maman qui pour se sentir bien se sert de son enfant, qui plus est handicapée, publie sans vergogne des photos, des histoires privées, sur un blog ou sur les réseaux sociaux… Elle nous donne à voir ce qu’elle veut, ce n’est pas la vraie vie mais ce qu’elle imagine qui pourra donner une bonne image d’elle. « regardez comme on est de bons parents ! », semble-t-elle clamer.

Ceux qui croient savoir croient savoir que la réalité est toute autre, qu’il y a tromperie sur la marchandise, comme toujours sur les réseaux sociaux, ce grand fourre-tout ramassis de fake news, de bêtise, addictif etc.

Je ne suis plus sur nombre de réseaux sociaux à cause du côté chronophage de la chose, mais il me reste Instagram, qui tient une grande place dans mon quotidien et a fait évoluer ma réflexion sur bien des sujets.

J’y suis de nombreux comptes. Il y a bien sûr mes ami.e.s et leurs ami.e.s, des brocanteurs, Timothée Chalamet, la BBC, mes voisins, un tatoueur, du yoga, quelques toutous, des danseurs, des pianistes et des nettoyeurs de tapis… Et puis il y a des mamans qui partagent le quotidien de leurs enfants particuliers, et des handicapé.e.s adultes qui montrent leur vie.

Avant tout, je l’ai fait, un peu bêtement peut-être, pour habituer mon oeil au handicap. Je voulais lutter chez moi contre ce premier mouvement naturel plus ou moins fort de recul face à quelque chose qui n’est pas seulement extraordinaire mais qui évoque une vie difficile, la maladie, la dépendance, la mort, qui fait donc peur. Le handicap est invisibilisé dans nos sociétés. J’ai un peu brusqué l’algorithme pour qu’il arrête de me proposer des comptes de fashion victims vieillissantes et ça a presque marché.

En peuplant mon quotidien de jeunes filles aux bras bioniques, en fauteuil, d’enfants trisomiques ou autistes ou les 2, petit à petit, leur différence me heurte moins, m’interroge positivement, suscite une empathie d’égal à égal et non de dame patronnesse envers de « faibles créatures », jusqu’au jour où je ne la considère plus comme une différence car c’est devenu ma normalité. Instagram permet ça, joliment emballé. J’ai appris plus en suivant ces comptes humains et généreux que dans tous les livres que j’ai lus.

Millie, Lorie, Alexandre, Hallie, Micah, Lilibug, Chloe, Tilly, … Vous ne savez pas qui je suis et j’ai l’impression de vous connaître. Evidemment c’est une impression, mais n’est-ce pas toujours le cas ? Je suis bien consciente que je ne vois que ce que vous voulez me montrer, mais c’est pareil avec mes ami.e.s, même les meilleur.e.s ! On se parfume, on s’habille, on se raconte en riant la partie émergée seulement des angoisses qui nous font pleurer dans l’intimité de nos chambres à coucher… On est toujours tout seul au monde (#starmania). On ne connaît de réalité que la nôtre, et encore.

Avec Alexis (Dad), nous nous sommes beaucoup interrogés sur l’opportunité de partager ce qui concerne Poppy. Notre volonté, avec ce blog et plus tard un documentaire qui aura Poppy pour sujet, est de participer à la dynamique en route, positivement. En rendant notre quotidien public, nous espérons bousculer quelques certitudes et peut-être aider d’autres personnes.

Il est bien présomptueux de vouloir changer les mentalités et beaucoup plus probables sont les retombées négatives : haters, ressentiment de Poppy elle-même, incompréhension familiale etc. mais si ça permet à un enseignant d’en savoir un peu plus sur cette différence neurologique, ou à un lecteur de trouver une petite fille autiste charmante et fascinante plutôt que capricieuse ou freaky, alors nous parions que ça vaut le coup !

Qu’en pensez-vous ?

LA SEMAINE DE POPPY (récit tapé par Poppy seule)

Bonjour tout le monde je suis en vacances. Je pars a Bruxelles demain. Bip Bip ! Pour le dernier jour d’école, j’ai fait carnaval à la classe et on a fait le mariole avec Ariol ! Je vais partir chez Marta dans 9 jours ! Je suis très impatiente de voir Sweety !!!!!!

Je peins du fenouil avec Dad. C’est de la poupée en plastique et du brouhaha en voudra.

Dimanche dinosaure, je faisais du vélo en colimaçon et je suis allée dans la pyramide du Lièvre pour manger des perroquets en poutres.

Je fais du toboggan au parc enneigé Robotland.

Que la biche soit en moi ! Avec le vol de chaque flèche chasseresse. Je me suis déguisée en biche pour carnaval et j’ai fait le mariole en défilant. Et le maître s’est défrisé en pirate. Il y avait les Harry Potter : Mathis et Emily. Il y avait Silvia l’écolière. On pouvait voir aussi Joe Moon la maitre nageuse. Ilay était absent. Bip Bip !

Poppy

SÉRIE – EXTRAORDINARY ATTORNEY WOO

Quand j’aurai décidé ce que j’en pense vraiment, je vous parlerai d’ »histoires d’amour et d’autisme », le reality show de Netflix qui suit des adultes autistes en quête d’un partenaire amoureux…

En attendant, sur Netflix également, je vous conseille une série très dépaysante : « Extraordinary Attorney Woo ». Ce K-drama (série coréenne) raconte la vie d’une jeune avocate autiste. On y retrouve le cliché de l’enfant autiste surdoué hypermnésique qui connaît l’intégralité des articles du code civil coréen à 5 ans, mais c’est la seule critique que j’aurais, et encore n’en est-ce pas une, tant la petite fille est attachante.

Le portrait de la jeune fille devenue adulte est beaucoup plus délicat et montre bien les énormes décalages et les challenges auxquels elle est confrontée.

Accessoirement, c’est une série sur un cabinet d’avocats et chaque épisode amène un nouveau dossier, une intrigue qui nous apprend aussi des choses sur les us et coutumes en Corée.

En VO sous-titrée évidemment, l’immersion dans une langue et une culture totalement étrangères a été une expérience très agréable pour moi (probablement ce que je vivrai de plus proche d’un voyage à l’étranger…).

A vrai dire, tous les personnages et toutes les situations m’ont parus très bizarres et c’est une leçon importante : on peut comparer l’expérience d’un autiste dans notre société à cette immersion dans un pays dont il n’aurait ni la langue ni les codes.

Je connais un autiste français qui a épousé une très jolie jeune femme russe. Pour elle, chaque bizarrerie de son amoureux est un signe charmant de sa culture française et n’a donc rien de pathologique ou négatif… C’est peut-être une piste pour Poppy plus tard.

LE DESSIN DE POPPY

Lola Bunny rentre dans la garderie où Bip Bip l’attend avec impatience. Galopin le chien renifle. Il voit des traces de pattes provenant de Lola Bunny. Bip Bip attendait sa copine avec impatience car il voulait passer Edna à la machine en voyant la lapine toute sale ! Notre Bip Bip jette la lapine de chiffon à la machine à laver. Lola Bunny regarde la machine où Edna tourne plus d’une fois. Une chatte fait un câlin à son chien en peluche et le met dans la machine à laver où il y a déjà Edna, puis Titi met monsieur Mc Chaussettes dans la machine à laver où il y a déjà Edna et le chien en peluche de la chatte qui a joué sous la pluie avec Lola Bunny, puis Gros Minet met Couverture dans la machine à laver où il y a déjà Edna, le chien en peluche de la chatte qui a joué sous la pluie avec eux et monsieur Mc Chaussettes, puis Taz met Pharamousse dans la machine à laver où il y a déjà Edna, le chien en peluche de la chatte qui a joué sous la pluie avec eux, monsieur Mc Chaussettes et Couverture. Bientôt, la machine est bondée des doudous des Looney Tunes !

Poppy

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Découvrez ses dessins sur instagram @les_dessins_de_poppy ou dans sa galerie online. Vous trouverez également les archives de Poppy SIlverSpoons sur notre blog.

J’espère que cette Newsletter vous a intéressé. N’hésitez pas à la partager avec vos amis ou collègues en transférant ce message ou en leur donnant l’adresse du site : http://poppysilverspoons.blog

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Votre dévouée,

Anne


Discussion

2 réponses à « Poppy SilverSpoons #11 »

  1. Avatar de Florence
    Florence

    Qu’en pensez-vous ?….pour plagier un de mes auteurs préférés ‘la vie n’est pas un état de fait, mais un don inouï ‘ . et toute initiative qui peut contribuer à ouvrir nos coeurs et nos esprits à la beauté de ce don, est à mon sens, excellente.

    Continuez, je vous lis avec plaisir

    Florence, fan de k-drama depuis longtemps 

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    1. Avatar de Anne

      Merci Florence, de nous lire si fidèlement et de ces mots de soutien qui font tellement plaisir.

      Anne, encore néophyte en k-drama, avide de conseils.

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