Chers amis j’espère que votre Noël fut serein.
C’est une période de l’année particulièrement stressante pour de nombreux autistes et Poppy ne fait pas exception à la règle. Elle se réjouit à l’idée de Noël mais les rassemblements familiaux et les changements non anticipés dans son emploi du temps sont parfois difficiles pour elle. Elle jongle avec :
- la joie de recevoir des cadeaux attendus
- l’incapacité à apprécier les surprises (je soupçonne qu’elle apprécierait un iPad ou un chien, mais pour le reste, y compris les livres, il est très rare qu’un contenu inconnu lui plaise)
- le bonheur de retrouver les cousines et cousins, oncles et tantes, grands-parents et chats…
- la difficulté à interagir avec eux, tous et chacun
- l’excitation de prendre le métro pour aller réveillonner
- la panique à l’idée que le rituel du soir dîner-iPad ne sera pas respecté (elle a pré-diné à 17h le 24)
- la présence de bébés dont les cris, ou leur simple anticipation, la paralysent
- la joie de voir que les bébés se sont transformés en jeunes enfants aux intérêts proches des siens
- le bombardement de stimulations sensorielles, excitantes ou stressantes, toutes demandeuses de beaucoup d’énergie. Je vous parlerai de la théorie des cuillères bientôt.
Bref, c’est un moment fort en challenges, mais Poppy s’en est sortie brillamment cette année encore. Il faut avouer qu’elle n’est pas la plus handicapée de la famille dans ce domaine : la distance et le nombre d’invités au mètre carré, fussent-il aimés et adorables, constituent souvent un obstacle à ma propre participation aux réjouissances. L’évitement reste ma stratégie de prédilection, même si je travaille sur le sujet. Je me suis donc régalée de radis au saint morêt en regardant les derniers épisodes de « The Crown », dans une solitude aussi jubilatoire que déprimante, chacune ses paradoxes.



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