En France aujourd’hui, si vous êtes enceinte, vous aurez la chance de bénéficier gratuitement d’un diagnostic prénatal ou DPNI qui dépiste les anomalies génétiques des embryons. Si vous êtes un peu plus âgée que les autres femmes enceintes, et si la mesure de la clarté nucale à l’échographie est élevée, on vous proposera un dépistage plus invasif sous la forme d’une amyocenthèse. Et si on détecte une très forte probabilité que votre bébé soit porteur de trisomie par exemple, on vous suggèrera une interruption médicale de grossesse (IMG). Dans 96% des cas, vous « choisirez » d’avoir recours à cette IMG, soutenue, encouragée et conseillée par des professionnels formés à considérer comme un échec scientifique la livraison d’un bébé qui ne serait pas parfait.
Pourtant, la trisomie 21 par exemple n’est pas une maladie mortelle. Il y a des comorbidités, mais l’espérance de vie est de 60 ans. L’image de ce handicap en France est très négative alors que le vécu des familles auxquelles ça arrive est raconté comme une expérience souvent merveilleuse. Pour l’instant l’autisme, pourtant très fortement d’origine génétique, passe à travers les mailles du filet, mais est-ce que ce sera le cas quand les progrès en génétique pourront le déceler avant la naissance de l’enfant ? J’en doute.
Chaque histoire est particulière et chaque femme, chaque couple, a le choix de poursuivre ou non une grossesse. Simplement elles devraient le faire de façon libre et éclairée, sans pression sociale ou médicale. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et ça n’est pas près de le devenir.
Prendre soin les uns des autres dans une société inclusive riche de toutes ses différences, voilà qui relève de l’utopie. Et pourtant…


Laisser un commentaire